Petit poisson deviendra... pinnipède ! Après une série dédiée aux manchots, nous partons à la rencontre de ces mammifères marins moustachus et aux pattes en forme de pagaie, à nouveau en compagnie de Mathilde Chevallay.
Mathilde est docteure en biologie marine, vulgarisatrice scientifique et photographe animalière. Spécialiste des comportements de prédation des Otaries à fourrure, des Éléphants de mer du Sud et des Manchots royaux, elle a pu les rencontrer au sein d'immenses colonies lors d'expéditions menées aux Îles Kerguelen, juste au dessus de l'Antarctique.
Des phoques dans les eaux tropicales ?
Quand on pense aux phoques, on pense souvent en premier lieu aux phoques qui vivent sur la glace. Pourtant, même s'ils ont l'air d'être faits pour vivre dans le froid, les phoques ne sont pas cantonnés aux environnements glacés. Certains même vivent dans des environnements chauds, voire très chauds ! C'est le cas des Phoques moines.
Les Phoques moines sont des gros phoques qui peuvent atteindre les 2.5 m de long et les 300 kg. On les reconnaît grâce à leur grosse tête toute ronde et à leur nez un peu aplati. Il existe 2 espèces de phoques moines encore en vie actuellement : le Phoque moine de Hawaii et le Phoque moine de Méditerranée. Une espèce, le Phoque moine des Caraïbes, est aujourd'hui éteinte.
Contrairement aux autres espèces de phoques qui vivent plutôt dans des environnements tempérés et froids, eux, peuvent survivre à des températures très élevées. Pour faire face à la chaleur, leur couche de graisse est réduite, et ils passent une bonne partie de leur temps soit dans l'eau, soit dans des grottes pour s'abriter du soleil.
Ce sont des bons plongeurs, capables d'atteindre les 500 m de profondeur. Opportunistes, ils se nourrissent de ce qu'ils trouvent : poissons, crustacés, céphalopodes, etc. Malgré leur grande taille, ils sont la cible de nombreux prédateurs comme les Grands requins blancs ou les Requins-tigres.
C'est probablement le pinnipède le plus menacé. Victime d'abord de la chasse pour sa graisse, puis de la destruction de son habitat, du dérangement et de l'emmêlement dans les débris de pêche, il ne resterait que 1400 Phoques moines à Hawaii et probablement quelques centaines en Méditerranée, répartis surtout autour de la Grèce et de la Turquie. Il y aurait aussi environ 300 individus autour de la Mauritanie et une poignée à Madère. Les populations sont aujourd'hui si réduites qu'ils sont devenus extrêmement vulnérables aux changements environnementaux. Ils sont aujourd'hui protégés et de nombreuses mesures sont mises en place pour essayer de limiter les dégâts sur les populations. Si vous avez la chance d'en croiser un, que ce soit à Hawaii ou en Méditerranée, gardez vos distances et observez le de loin :) !
(texte de Mathilde Chevallay)
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Interview : Marie-Juliette Champeau
Invitée : Mathilde Chevallay
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SOURCES :
Vignettes : Phoque moine de Méditerranée (©Mark Sullivan).
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