Quand on lui demande ce qu’elle fait dans la vie, Camille Aumont Carnel énumère d’un ton tranquille ses différentes casquettes, leadeuse d’opinion, autrice, conférencière, entrepreneuse culturelle… Elle sourit et évoque sa naissance au Niger, l’orphelinat où elle a vécu ses 60 premiers jours avant d’être adoptée, l’instinct de survie qui s’est alors incrusté en elle, pour ne plus jamais la lâcher.
Camille plante son regard dans celui de son interlocuteur et, calme et assurée, emploie des termes aussi cash que précis pour déconstruire les clichés autour de la sexualité, faire ciller et vaciller les hommes qui, avant son compte Insta #Jmenbatsleclito, ne se posaient pas toujours la question de savoir si leurs fantasmes avaient un fondement ou non.
Elle plante son regard dans celui de son auditoire et capte l’attention, pas parce qu’elle est grande, pas parce qu’elle est noire, pas parce qu’elle est belle. Ou plutôt, tout cela à la fois. Mais pas uniquement.
Camille capte l’attention parce qu’elle sait être à la juste place et que, dans le même temps, elle prend le risque de remettre cette place en question, de changer la mise de départ pour voir comment évoluera le jeu, avec joie, avec insolence.
Dans cette frénésie d’engagements, de combats et de glamour, j’ai eu envie d’interroger Camille sur un sujet très intime, un sujet qu’elle a peu évoqué publiquement, celui de son rapport à la maternité. Et pour cause, mère, elle ne l’est pas, pas encore en tout cas. Mais j’avais justement très envie d’obtenir le regard et les analyses d’une femme qui se tient de l’autre côté du miroir. Une femme dont l’histoire personnelle, les convictions et la hauteur de vue allaient donner une saveur particulière à cet épisode.
Avec Camille, on a parlé psychanalyse, adoption, clafoutis aux cerises un jour d’accouchement, mais aussi du regard des hommes sur une femme en âge de procréer et du pouvoir d’une éducation libre - particulièrementlorsqu'il s'agit de déconstruire le mythe de la mère parfaite.
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Un podcast de Salomé Berlioux,
avec, au son, Pablo Roldan.
Le générique a été réalisé par Pablo Roldan et Louis Lavayssière,
avec des extraits d'interviews et d'archives de Elisabeth Badinter, Simone de Beauvoir, Louise Browaeys, Gisèle Halimi et Julia Kerninon.
Merci à Flora Delgove et Mathilde Sarda de leur aide dans ce projet.
Crédits : Portrait de Camille Aumont-Carnel © Khalifa Ababacar
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