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Choses à Savoir - Culture générale

Choses à Savoir
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  • Choses à Savoir - Culture générale

    Pourquoi ne faut-il jamais dire « basé sur » ?

    31/10/2026 | 2 min
    « Ce film est basé sur une histoire vraie. » « Cette décision est basée sur des faits scientifiques. » « Mon raisonnement est basé sur une étude récente. »
    Ces expressions vous semblent parfaitement naturelles ? Pourtant, selon l’Académie française, elles sont toutes incorrectes !
    Pourquoi ? Parce que l’expression « basé sur » serait un anglicisme, autrement dit une construction empruntée à l’anglais.
    Pour comprendre, il faut revenir à l’origine du verbe « baser ».
    En français, le mot « base » désigne d’abord ce sur quoi repose quelque chose : la base d’un bâtiment, d’une colonne ou d’une construction. Le verbe « baser » a ensuite été utilisé dans le vocabulaire militaire.
    On peut ainsi dire qu’une unité militaire est « basée » dans une ville, ou que des troupes sont « basées » près d’une frontière. Il s’agit alors de leur lieu de stationnement.
    Mais lorsque nous affirmons qu’un film est « basé sur » une histoire vraie, nous employons le verbe dans un sens figuré, pour signifier qu’il repose sur cette histoire.
    Et c’est précisément cet emploi que critique l’Académie française.
    En anglais, l’expression « based on » est parfaitement correcte et extrêmement courante. On dira par exemple « based on a true story », pour désigner un film inspiré de faits réels.
    Sous l’influence de l’anglais, cette construction s’est progressivement imposée dans notre langue, au point de devenir presque automatique.
    Pourtant, le français dispose déjà de plusieurs expressions équivalentes.
    Plutôt que « un raisonnement basé sur des faits », on préférera « un raisonnement fondé sur des faits ».
    Plutôt que « une décision basée sur des statistiques », on pourra dire « une décision établie à partir de statistiques ».
    Et plutôt que « un film basé sur une histoire vraie », on choisira « un film inspiré d’une histoire vraie ».
    Cette question linguistique ne date d’ailleurs pas d’hier.
    Au XIXe siècle, le philosophe et homme politique Pierre-Paul Royer-Collard s’opposa tellement à l’entrée du verbe « baser » dans le dictionnaire de l’Académie qu’il aurait lancé cette formule célèbre : « S’il entre, je sors ! »

    Mais attention : tous les linguistes ne partagent pas aujourd’hui la sévérité de l’Académie. Certains dictionnaires, notamment Usito, reconnaissent parfaitement l’emploi figuré de « baser sur », désormais très répandu.

    Il ne s’agit donc pas d’une erreur universellement reconnue, mais d’un usage contesté.
    Alors, pour éviter toute critique et privilégier un français soigné, un conseil : remplacez « basé sur » par « fondé sur », « établi sur » ou « reposant sur ».
    Une petite modification qui suffit à respecter les recommandations de l’Académie française !
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  • Choses à Savoir - Culture générale

    Pourquoi un âne a-t-il réussi à tromper les critiques d’art ?

    30/10/2026 | 2 min
    En 1910, à Paris, un tableau exposé au prestigieux Salon des Indépendants attire l’attention. Son titre : Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique, également appelé Coucher de soleil sur l’Adriatique. Son auteur : Joachim-Raphaël Boronali, un mystérieux peintre italien.
    La toile présente des couleurs vives, des formes indistinctes, une composition presque abstraite. Certains critiques y voient une audacieuse expression de l’art moderne. D’autres sont plus sceptiques.
    Mais personne ne soupçonne l’incroyable vérité : le tableau a été peint par un âne !
    Derrière cette supercherie se cache Roland Dorgelès, un jeune écrivain français, futur auteur des Croix de bois. Avec quelques complices, il décide de ridiculiser les excès de la peinture d’avant-garde, qu’il juge parfois incompréhensible et prétentieuse.
    Son idée est simple : démontrer qu’une œuvre produite au hasard peut être prise au sérieux dès lors qu’elle est présentée comme de l’art.
    Le 8 mars 1910, Dorgelès se rend au Lapin Agile, célèbre cabaret de Montmartre. Il emprunte Lolo, l’âne du propriétaire, et lui attache un pinceau à la queue.
    Devant une toile blanche, les complices offrent à l’animal des carottes et des feuilles de tabac. Chaque mouvement de sa queue dépose de nouvelles traces de peinture.
    En trois quarts d’heure environ, le chef-d’œuvre est terminé !
    Pour rendre la mystification crédible, Dorgelès invente un artiste italien, Joachim-Raphaël Boronali. Un nom qui n’est autre que l’anagramme d'Aliboron, appellation traditionnelle de l’âne.
    Il imagine même un mouvement artistique fictif : l’« excessivisme », censé révolutionner la peinture.
    Le tableau est accepté au Salon des Indépendants, une exposition sans jury de sélection. Puis Dorgelès révèle publiquement la supercherie, preuves photographiques et constat d’huissier à l’appui.
    L’affaire provoque un immense éclat de rire, mais aussi un débat passionné.
    Dorgelès voulait dénoncer l’autorité artificielle que peuvent conférer un cadre, une signature prestigieuse ou une exposition.
    Quelques années plus tard, Marcel Duchamp posera, dans un esprit différent, une question voisine en présentant des objets ordinaires comme des œuvres d’art, notamment son célèbre urinoir en 1917.
    Mais le paradoxe le plus fascinant reste ailleurs.
    Si une peinture provoque une émotion esthétique, cette émotion disparaît-elle lorsqu’on découvre qu’elle a été réalisée par un animal ?
    Autrement dit, la valeur d’une œuvre dépend-elle de ce que nous voyons, ou de ce que nous croyons savoir de son créateur ?
    Plus d’un siècle après, l’âne Lolo continue ainsi de poser une question fondamentale : qu’est-ce qui fait véritablement d’un objet une œuvre d’art ?
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  • Choses à Savoir - Culture générale

    Pourquoi dit-on « faire un laïus » ?

    29/10/2026 | 2 min
    Vous avez certainement déjà entendu quelqu’un dire : « Il nous a fait tout un laïus ! » Cette expression désigne généralement un discours interminable, parfois ennuyeux, dans lequel une personne parle beaucoup sans forcément dire grand-chose.
    Mais savez-vous que ce mot vient directement de la mythologie grecque et d’un concours d’entrée à l’École polytechnique ?
    Pour comprendre cette origine étonnante, il faut remonter à l’année 1804.
    À cette époque, l’École polytechnique, fondée dix ans plus tôt, forme les futurs ingénieurs et scientifiques français. Mais les mathématiques ne sont pas les seules matières évaluées. Les candidats doivent également démontrer leur maîtrise de la langue française et leurs capacités d’expression.
    Cette année-là, on leur propose un sujet de composition littéraire particulièrement original : imaginer un discours prononcé par Laïus, un personnage de la mythologie grecque.
    Mais qui était Laïus ?
    Dans la célèbre légende d’Œdipe, Laïus est le roi de Thèbes et le père d’Œdipe. Un oracle lui avait prédit qu’il serait un jour tué par son propre fils. Pour échapper à ce destin, il avait ordonné l’abandon de son enfant.
    Mais des années plus tard, les deux hommes se rencontrent à un carrefour, sans connaître leur véritable identité. Une dispute éclate et Œdipe tue son père, accomplissant ainsi la prophétie.
    Revenons maintenant aux candidats de Polytechnique.
    Leur exercice consistait à imaginer les paroles que Laïus aurait pu prononcer face à Œdipe. Et, selon le récit traditionnel, les étudiants se montrèrent particulièrement inspirés, rédigeant de longues dissertations.
    L'exercice marqua suffisamment les esprits pour que le nom de Laïus devienne, dans l’argot de l’école, un terme désignant un discours ou un exposé.
    Progressivement, le mot sortit des murs de Polytechnique pour entrer dans le langage courant.
    Au XIXe siècle, « laïus » finit par désigner plus particulièrement un discours long, pompeux, voire creux. On disait notamment « piquer un laïus » pour signifier prononcer un discours.
    Aujourd’hui, lorsqu’on reproche à quelqu’un de « faire un laïus », on sous-entend généralement qu’il parle trop longtemps, parfois inutilement.
    Et voici le détail le plus amusant : Laïus, ce roi mythologique qui a donné son nom aux discours interminables, n’était absolument pas célèbre pour ses talents d’orateur !
    Son nom est simplement devenu synonyme de bavardage à cause d’un exercice scolaire organisé il y a plus de deux siècles.
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  • Choses à Savoir - Culture générale

    Pourquoi les riches deviennent-ils plus riches ?

    29/10/2026 | 2 min
    Pourquoi ceux qui possèdent déjà beaucoup semblent-ils accumuler toujours davantage, tandis que ceux qui ont peu peinent à rattraper leur retard ? Ce phénomène porte un nom étonnant : l'effet Matthieu.
    Son origine remonte à la Bible, précisément à l'Évangile selon saint Matthieu. On y trouve cette phrase : « Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas, on ôtera même ce qu'il a. »
    En 1968, le sociologue américain Robert K. Merton reprend cette idée dans une étude publiée dans la revue Science. Il observe un phénomène surprenant dans le monde scientifique : lorsqu'un chercheur célèbre et un chercheur inconnu réalisent une découverte comparable, le premier reçoit généralement beaucoup plus de reconnaissance.
    Pourquoi ? Parce que sa réputation lui donne déjà un avantage. Ses travaux sont davantage lus, cités et diffusés. Cette visibilité lui permet d'obtenir plus facilement des financements, qui favorisent de nouvelles découvertes, renforçant encore sa réputation.
    C'est un cercle qui s'autoalimente : le succès engendre le succès.
    Mais ce mécanisme dépasse largement le monde scientifique.
    Prenons l'exemple de deux personnes. La première possède 10 000 euros, la seconde un million. Toutes deux investissent leur argent avec un rendement annuel de 5 %.
    Après un an, la première gagne 500 euros, tandis que la seconde en gagne 50 000. Pourtant, elles ont obtenu exactement le même rendement !
    Et si elles réinvestissent systématiquement leurs gains, les intérêts composés amplifient progressivement cet écart.
    L'effet Matthieu intervient également dans l'éducation.
    En 1986, le psychologue Keith Stanovich montre comment les différences initiales dans l'apprentissage de la lecture peuvent s'accentuer avec le temps.
    Un enfant qui apprend facilement à lire prend davantage plaisir à la lecture. Il lit donc plus souvent, enrichit son vocabulaire et améliore encore ses compétences.
    À l'inverse, un enfant qui rencontre des difficultés risque de lire moins, ce qui peut accentuer son retard.
    On retrouve ce phénomène sur les réseaux sociaux : un compte déjà populaire attire plus facilement de nouveaux abonnés, simplement parce qu'il bénéficie d'une visibilité supérieure.
    Attention cependant : l'effet Matthieu n'est pas une loi absolue. Les avantages peuvent disparaître et des politiques adaptées peuvent réduire les inégalités.
    Mais il révèle un mécanisme essentiel de nos sociétés : les écarts ne viennent pas seulement des différences de talent ou d'effort. Ils peuvent aussi provenir des avantages que procure une position de départ favorable.
    Autrement dit, dans bien des domaines, avoir une longueur d'avance facilite considérablement la course.
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    Pourquoi un cheval aurait-il rendu Nietzsche fou ?

    28/10/2026 | 2 min
    Le 3 janvier 1889, dans les rues de Turin, en Italie, se serait déroulée l’une des scènes les plus bouleversantes de l’histoire de la philosophie. Son protagoniste : Friedrich Nietzsche, l’un des plus grands penseurs du XIXe siècle.
    Ce jour-là, Nietzsche, âgé de 44 ans, se promène sur la place Carlo Alberto. Soudain, il aperçoit un cocher qui fouette violemment son cheval, apparemment incapable d'avancer.
    Selon un récit devenu célèbre, le philosophe est alors submergé par l’émotion. Il se précipite vers l’animal, passe ses bras autour de son cou et éclate en sanglots. Comme s’il voulait, par cette étreinte, le protéger de la brutalité humaine.
    Puis Nietzsche s’effondre.
    Cet épisode est traditionnellement présenté comme le moment où le philosophe aurait définitivement sombré dans la folie.
    Mais pour comprendre sa portée, il faut rappeler qui était Nietzsche.
    Auteur de Ainsi parlait Zarathoustra et de Par-delà bien et mal, il avait développé une philosophie exaltant la puissance créatrice, le dépassement de soi et l’affirmation de la vie. Il critiquait notamment la pitié lorsqu’elle entretenait, selon lui, la souffrance et la faiblesse.
    D'où ce paradoxe saisissant : celui qui avait tant dénoncé la pitié aurait perdu la raison en éprouvant une compassion immense pour un animal.
    Mais cette histoire comporte une importante part d'incertitude.
    Si l'effondrement psychique de Nietzsche, en janvier 1889, est historiquement établi, la scène du cheval repose sur des témoignages tardifs. Aucun document contemporain ne permet de confirmer précisément son déroulement.
    Ce qui est certain, en revanche, c'est que dans les jours suivants, Nietzsche manifeste de graves troubles mentaux. Il écrit à ses proches des lettres délirantes, se présentant notamment comme le dieu Dionysos ou le Christ crucifié.
    Son ami Franz Overbeck vient le chercher à Turin et le ramène à Bâle pour le faire soigner.
    Nietzsche ne retrouvera jamais ses capacités intellectuelles antérieures. Progressivement, il perd son autonomie et ses facultés de communication. Il vivra encore onze ans, pris en charge par sa famille, avant de mourir le 25 août 1900.
    Quant aux causes de son effondrement, elles restent mystérieuses. Longtemps attribuée à la syphilis, sa maladie pourrait avoir eu une autre origine neurologique.
    Le cheval de Turin n’a donc probablement pas provoqué sa folie.
    Mais cette étreinte, réelle ou légendaire, demeure une image fascinante : celle d’un philosophe de la puissance, terrassé par la souffrance d’un être sans défense.
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