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  • Reportage international

    Israël: à Rehovot, une jeunesse qui penche à droite avant les législatives

    19/10/2026
    Dans une semaine, le 27 octobre, les Israéliens se rendront aux urnes. Rehovot, une ville de 140 000 habitants près de Tel-Aviv, est considérée comme un bon baromètre, car les résultats électoraux y sont similaires à ceux de l'ensemble du pays. Elle y a rencontré des jeunes. Pour ce scrutin, ils seront 600 000 primo-votants, et ils se positionnent beaucoup plus à droite que leurs aînés : 56% de ces jeunes de 18 à 22 ans se déclarent de droite.
    De notre envoyée spéciale à Rehovot,
    « Le plus logique pour moi serait de voter soit Bibi (Benyamin Netanyahu, NDLR), soit Ben Gvir. Et pour l'instant, je pense plutôt voter Ben Gvir », confie Shahar. « Probablement à droite. Ben Gvir, Bibi ou quelque chose comme cela. Qu'est-ce qui est important pour moi ? Que ce soit un pays de droite, un pays juif », explique Noa.
    Shahar et Noa vont donc voter à droite ou à l'extrême droite lors des élections législatives du 27 octobre en Israël. Elles ont 18 ans et travaillent au centre commercial de Rehovot. Rei est attablé à un café. Le jeune homme a 21 ans et il fait son service militaire. « C'est la première fois que je vote et j'hésite... Je vais probablement voter pour le bloc de droite, pour Ben Gvir. Avec lui, c'est la sécurité... Il y a la loi sur la peine de mort pour les terroristes. Des lois qui protégeront et rendront l'État plus sûr », assure-t-il.
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    Une génération marquée par le 7-Octobre et trois années de guerre. Amit refuse de se laisser enfermer dans ce schéma. Il fait des études pour devenir vétérinaire, il a 26 ans et va voter centre droit, pour s'opposer à l'actuelle coalition au pouvoir. « Moi, je pense voter Eisenkot. Si le gouvernement actuel est réélu, nous allons vers de gros problèmes dans notre pays. Par exemple, tout le monde veut la peine de mort. Je trouve cela stupide parce que c'est raciste », estime-t-il.
    En tête des intentions de vote des jeunes : Naftali Bennett, de droite libérale, mais du bloc anti-Netanyahu. Rotem trouve son programme intéressant : « J'ai 18 ans. Je me situe quelque part entre Bennett et Eisenkot. J'hésite. Je viens d'une famille dans laquelle mes parents votent Likoud, Ben Gvir et tout ça. Mais moi, c'est un peu moins mon truc, ces extrêmes. Je pense aussi qu'il faut du changement. Bibi est Premier ministre depuis que je suis née. Cela fait longtemps. »
    Ces jeunes électeurs israéliens n'ont connu que Benjamin Netanyahu à la tête du pays. Sharon porte une voix minoritaire : cette étudiante, réserviste, a des idées de gauche. « Je vais voter pour le parti démocrate aux prochaines élections parce que c'est important pour moi de renforcer le bloc du changement. Il est important pour moi de soutenir un parti qui prendra toutes les mesures nécessaires pour former un gouvernement qui ne soit pas dirigé par Netanyahu. Qui pourra construire un avenir meilleur pour ce pays », espère-t-elle.
    Chacun s'accorde à dire qu'il ne faut surtout pas s'abstenir. Même lorsqu'on est Palestinien d'Israël comme Yasmine, étudiante de 22 ans qui va voter pour un parti qui la représente. « On a besoin des voix de tout le monde cette fois. On ne veut pas des racistes. C'est pourquoi je vais voter pour la Liste arabe unie. On veut la paix », affirme-t-elle.
    À Rehovot, les jeunes souhaitent que les ultra-orthodoxes partagent le fardeau du service militaire et fassent l'armée. Les très religieux ne se posent pas de questions : ils voteront selon les indications de leur rabbin.
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  • Reportage international

    Biodiversité: dans les Asturies, la nature se réinstalle entre béton et industrie

    18/10/2026
    La renaturalisation des cours d'eau en milieu urbain est l'un des objectifs de la COP17 (du 18 au 30 octobre à Erevan, en Arménie). En la matière, l’Espagne se classe plutôt bien en Europe. Et même si, de façon générale, la conservation des habitats naturels n'est pas encore à la hauteur des enjeux, les bonnes pratiques existent. Exemple dans les Asturies, où s'est rendue RFI. Dans cette région qui abrite 1% de la biodiversité mondiale, le passé sidérurgique s'estompe peu à peu des écosystèmes.
    De notre envoyée spéciale à Gijon,
    Après des années à l'avoir maltraitée, la ville de Gijon, dans les Asturies, vient de se réconcilier avec sa rivière, le Río Pilon, qui se jette dans la mer au niveau de la grande plage de San Lorenzo. Le cours d'eau, qui circulait entre des digues de béton, abrite désormais des joncs, des roseaux et tous types d'arbustes typiques des berges. 
    « Ce que l'on a fait ici, c'est revégétaliser la zone avec des arbres d'espèces autochtones. Retrouver les plantes et arbres typiques des berges comme le laurier par exemple », explique Paco, membre des Écologistes en action et un des précurseurs de ce projet de restauration-plantation.
    Dans la rivière, plusieurs types de canards pataugent joyeusement, alors qu'un héron blanc se tient immobile sur une sorte de petite île qui s'est recréée naturellement. « Devant nous, il y avait deux vannes qui séparaient la rivière en deux, et ils avaient construit une île artificielle en béton. Il reste encore des travaux de renaturalisation à faire, mais on retrouve une rivière dans son état naturel. Il y a même une source d'eau potable qui a fait irruption lorsque l'on a retiré les digues en béton », détaille Paco.
    À 50 kilomètres de là, l'estuaire d'Avilés, la grande ville industrielle des Asturies. Face à nous, de l'autre côté du fleuve, s'activent des camions et des grues qui déversent des tonnes de métal ou de charbon. David, membre de l'Association de conservation de la nature, présente aux visiteurs les dernières dunes qui s'éloignent. Un espace presque miraculé de l'estuaire.
    « Nous sommes dans le dernier endroit préservé dans la zone. C'est un bouclier pour tenir tête à tous ceux qui veulent transformer cet espace et, du même coup, le dégrader. Ici, nous avons des hérons, des sternes. Il y a également des plantes qui sont très rares en Asturies, et certaines espèces de mollusques qui avaient disparu sont revenues dans l'estuaire. Évidemment, je soutiens ce genre d'initiatives qui favorisent la biodiversité de l'estuaire, mais il faut aller encore plus loin. Il faut les reproduire à grande échelle », estime-t-il.
    Il reste du travail à Avilés, et la conservation des habitats est encore un point faible de l'Espagne, avec seulement 9% des habitats d'intérêt communautaire en bon état de conservation. Pour inverser cette tendance, le pays a transmis son projet de plan national de restauration de la nature à la Commission européenne, qui prévoit des actions de réparation ciblées sur près de 9 500 kilomètres carrés d'habitat dégradés d'ici 2030.
    Un reportage à retrouver en intégralité dans l'émission Accents d'Europe
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  • Reportage international

    Arménie: des chercheurs français en quête de semences pour affronter le réchauffement climatique

    17/10/2026
    Avant la COP17 sur la biodiversité, qui s'ouvre ce lundi 19 octobre en Arménie, des scientifiques français ont parcouru le pays à la recherche de semences locales. Face au changement climatique, ils cherchent dans cette diversité génétique des plantes capables de s'adapter aux conditions de demain. Reportage de Marie Penin pour RFI.
    « Nous sommes de l'université agraire, et nos collègues français vont arriver dans un instant. Ils s'intéressent aux plantes que vous cultivez dans votre village. Est-ce qu'on pourrait aller les voir dans votre jardin ? », demande Andrea Melikyan. « Si vous étiez arrivés un peu plus tôt, vous auriez pu goûter le tolma [au chanvre] de ma belle-mère », lui répond Gohar Khachatryan.
    Dans leur jardin à Vaghatin, Gohar et Seyran Khachatryan cultivent pommes de terre, tomates, haricots... Les Français, eux, s'intéressent aux asperges. « Depuis 25 à 30 ans, grâce à nos amis américains et à notre travail, nous continuons à cultiver ces variétés de Mary Washington », explique Seyran. « On collecte les graines, mais on collecte les savoirs qui vont avec. Elle est précoce, elle est tardive, elle est irriguée, pas irriguée, elle est sensible à telle maladie ou pas », souligne Stéphane Crozat, co-directeur du Centre de ressources de botanique appliquée, qui dirige cette mission.
    S'adapter au nouveau climat
    Ici, les scientifiques cherchent des semences plus résistantes au réchauffement climatique et aux maladies. Elles seront ensuite étudiées et testées à Lyon avec des agriculteurs français. « L'idée, c'est d'aller chercher dans des zones hypercontinentales – l'Arménie se trouve, en pointes extrêmes, de -22°C à pas loin de 50°C – pour pouvoir adapter nos futurs légumes, céréales et autres à notre nouveau climat. La plante va enregistrer petit à petit, progressivement, ces informations et va les inscrire progressivement dans son génome. Cette notion de coévolution est fondamentale parce que c'est ce qui peut nous permettre de nous adapter », ajoute-t-il.
    Une génétique très large
    Johan Cottreel, agronome au Centre de ressources de botanique appliquée (CRBA), recherche en priorité des variétés locales, familiales, avec une grande diversité génétique : « Ici, en Arménie, les croisements se font dans le jardin, soit par le vent, soit par les insectes. Ils n'ont pas peur du brassage génétique. C'est une des pistes aussi, d'aller voir une génétique très large pour résister aux conditions très aléatoires d'une année sur l'autre. »
    Direction la banque de semences. « ​​​​​​​Nous allons le faire sécher. Il faut ensuite mettre 300 graines dans une enveloppe, puis la placer au réfrigérateur pour les conserver », détaille la scientifique Margo Ghazaryan. Ces graines rejoignent la banque de semences arménienne, qui conserve déjà 12 000 ressources génétiques. « ​​​​​​​Nous essayons de collecter les graines de toutes les espèces de plantes présentes en Arménie, notamment les ressources génétiques qui sont menacées de disparition. Si certaines venaient à disparaître, nous pourrions les restaurer », estime Andrea Melikyan, qui dirige ce centre scientifique.
    Une partie de ces ressources sera étudiée à Lyon par l'équipe française. Les résultats seront présentés conjointement à la COP17. Des graines arméniennes, donc, qui pourraient bien se retrouver au cœur des discussions sur l'avenir de notre agriculture.
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  • Reportage international

    Au Pakistan, l'avenir est incertain pour les étudiants afghans en médecine

    16/10/2026
    Du jour au lendemain, en pleine année universitaire, des centaines d’étudiants afghans en médecine au Pakistan se retrouvent menacés de devoir interrompre leurs études et de rentrer en Afghanistan.
    De notre correspondante à Islamabad,
    Le 1ᵉʳ septembre, les autorités pakistanaises ont ordonné aux établissements de médecine et d’études dentaires d’expulser les étudiants afghans et d’organiser leur retour en Afghanistan. Cette décision pourrait avoir des conséquences particulièrement lourdes pour les étudiantes, qui ne peuvent plus poursuivre leur formation médicale dans l’Afghanistan des talibans. Pour les défenseurs des droits humains, cette mesure s’inscrit dans une politique plus large menée par Islamabad à l’encontre des ressortissants afghans sur fond de dégradation des relations entre Islamabad et Kaboul.
    Depuis 2023, les autorités pakistanaises mènent une vaste campagne d’expulsion d’Afghans, au nom notamment de la sécurité nationale. Les autorités pakistanaises, elles, démentent toute expulsion générale des étudiants afghans. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères assure que ceux qui disposent d’un visa valide peuvent rester au Pakistan et terminer leurs études. Mais sur le terrain, plusieurs étudiants affirment avoir été renvoyés de leurs facultés ou de leurs dortoirs. Certains ont saisi les tribunaux à travers le pays et obtenu une suspension temporaire de la mesure. Pour les autres, la situation reste inchangée. Et derrière cette incertitude, ce sont des années d'étude et de sacrifices qui risquent d'être perdues. 
    À écouter dans Le débat du jourPakistan-Afghanistan : deux voisins irréconciliables?
    « Je suis sous le choc »
    Sur le campus du Federal Medical College d’Islamabad, quelques dizaines d’étudiants en médecine sont rassemblés. Parmi eux, Shaqayq Danish, 24 ans, est étudiante en deuxième année. Elle fait partie de la cinquantaine d’étudiants afghans de cette université. Sur la pancarte qu'elle brandit est écrit : « L’éducation est un droit, pas une arme politique. » Elle confie : « Je suis sous le choc. Certains étudiants ont été expulsés de leurs dortoirs. D’autres ont été renvoyés de leurs facultés. »
    Depuis la décision des autorités pakistanaises, Shaqayq ne peut plus aller en cours. Ce sont plusieurs années d’étude qui risquent de partir en fumée. « Nous nous sommes battues. Nous n’avons pas baissé les bras. Nous avons fait tout notre possible pour arriver jusqu’ici, souligne-t-elle. Mais aujourd’hui, une fois encore, tout nous est limité. »
    Pour les étudiantes comme Shaqayq, la décision est particulièrement lourde de conséquences. En 2022 déjà, elle avait dû interrompre ses études en Afghanistan après les restrictions imposées par les talibans sur l’éducation des filles. Pendant près de deux ans, elle a travaillé pour apprendre l’anglais et reprendre ses études ailleurs. « Toutes les voies sont actuellement fermées pour nous en Afghanistan. Si je retourne en Afghanistan, ce n’est pas seulement mon parcours et mon avenir qui seront réduits à néant, alerte-t-elle. Ma famille aussi en souffrira profondément. Pour ma mère et ma sœur, j’étais un espoir. »
    Pour son camarade Amin Salimi, 23 ans, lui aussi afghan, il n’y a pas de doute sur la nature de cette mesure. Pour lui, c’est une décision complètement politique.
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    Près de 2 millions de départ
    Depuis 2023, les autorités pakistanaises mènent une vaste campagne d’expulsion de ressortissants afghans, invoquant des raisons de sécurité nationale, conduisant à près de 2 millions de départs. Muhammad Akif Sher, avocat à Islamabad et défenseur des droits des Afghans, dénonce une politique discriminatoire. « Lorsque nous, les avocats, représentons un étudiant afghan ou un citoyen afghan devant les tribunaux ici, au Pakistan, explique-t-il, malheureusement, les juges semblent avoir l’idée préconçue que le simple fait d’être afghan constitue en soi une infraction. »
    La justice pakistanaise a depuis temporairement suspendu l'application de cette mesure dans plusieurs affaires à travers le pays. Mais, à Islamabad, pour Shaqayq et ses camarades, l’incertitude demeure. Et derrière son propre avenir, c’est déjà celui de son pays qu’elle imagine. « Avoir des médecins dans un pays est un besoin fondamental, conclut l'étudiante en médecine. Je voudrais que le monde entier imagine ce que serait leur pays s’il n’y avait aucun hôpital ou aucun médecin. »
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    Italie: à Rome, l'école publique Di Donato se bat contre un décret-loi du gouvernement Meloni

    16/10/2026
    À quelques mois des élections générales en Italie, un décret-loi adopté par le gouvernement Meloni impose notamment l'interdiction du port du voile dans les établissements scolaires ou bien des limites d'élèves étrangers. Au cœur de l'Esquilin, le quartier le plus cosmopolite de Rome, enseignants et parents d'élèves de l’école Di Donato font front commun contre ce décret-loi. 
    Réputé pour ses pratiques pédagogiques, cet établissement accueille près de 400 élèves de maternelle et de primaire, répartis dans vingt classes. La moitié d’entre eux sont originaires d’une vingtaine de pays étrangers – asiatiques, africains ou encore d'Europe de l'Est.
    Un reportage dans cette école de notre correspondante à Rome.
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