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    Cisjordanie occupée: les travaux au caveau des Patriarches à Hébron augmente les tensions entre Israéliens et Palestiniens

    30/06/2026
    Alors que le lieu de prière est fréquenté à la fois par les juifs et les musulmans, les travaux d'entretien dans le caveau des Patriarches, également appelé la mosquée Ibrahimi, illustrent les tensions entre les colons israéliens et les Palestiniens. Car le monument se trouve sur la partie sous contrôle militaire israélien de Hébron. Difficile alors pour des Palestiniens de se rendre dans ce lieu sacré pour les trois religions monothéistes et qui abrite les sépultures d'Abraham, Jacob, Isaac et Rebecca.
    De notre envoyée spéciale à Hébron,
    Lieu de prière et de tension entre les deux communautés, les fidèles juifs et musulmans viennent se recueillir sur la sépulture d’Abraham à Hébron, la plus grande ville de Cisjordanie occupée. Les uns l’appellent le caveau des Patriarches, les autres, la mosquée Ibrahim. D’après les accords d’Oslo, signés en 1997, la ville inclut une zone sous contrôle militaire israélien, la zone H2, précisément où se trouve le monument. Impossible pour les 40 000 Palestiniens de circuler librement dans la zone, contrairement aux 200 familles de colons israéliens.
    Face à la polémique entre Israéliens et Palestiniens autour des travaux d’entretien, l'enjeu est désormais politique.
    Devant l’entrée du sanctuaire, côté juif, l’accès se fait sous escorte militaire car les Israéliens ont commencé les travaux il y a dix jours. « Il faut refaire le toit », explique Aaron Maruani, l’adjoint au maire de la colonie voisine d’Hébron, Kyriat Arba. « C’est l’endroit où tout a commencé pour nous. C’est un lieu de prière aujourd’hui pour les Israéliens, l’autre moitié pour les musulmans. La chambre principale du côté israélien est découverte, quand ils prient, ils sont sous la pluie. C’est vraiment un besoin basique d’avoir un toit, c’est devenu un drame mondial, mais il n’y a rien de spécial. »
    En vertu du protocole d’Hébron, signé au moment des accords d’Oslo en 1997, c’est la municipalité palestinienne qui assure l’entretien des édifices publics. Le dossier traîne depuis des années.
    Pour Anouar Abud Eisheh, ancien ministre de la Culture palestinien, la bataille autour du lieu de culte est surtout politique. « Cela fait 14 siècles que c’est le patrimoine des autochtones musulmans. Quand les colons arrivent, qu’ils veulent gérer la mosquée d’Abraham et qu’ils disent : "C'est le caveau des Patriarches et les musulmans n’ont pas le droit d’être là." C’est de l’occupation. »
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    La mosquée Ibrahim « est en train d’être confisquée doucement par les colons »
    La configuration du sanctuaire est particulière, explique Johanna, une Israélienne juive venue prier. « On est très très attachés à Hébron. Les musulmans prient de l’autre côté, chacun a son entrée, chacun se respecte. » Surtout personne ne se croise et chacun rappelle les massacres passés à Hébron : 70 juifs avaient été assassinés par des Arabes en 1929, et puis en 1994, un colon a tué 29 musulmans lors de la prière, dans la mosquée.
    Aujourd’hui, les militaires israéliens sont présents partout des deux côtés et aux checkpoints, comme l’explique Hicham Sharabashi, activiste palestinien. « Aujourd’hui il n’y a qu’un accès, une entrée, un checkpoint pour aller à la mosquée et après la prière vous ne pouvez pas rester, il faut quitter la zone. »
    L’armée dit assurer la sécurité des colons. La question des travaux va donc bien au-delà du simple toit et le rabbin Ben le concède volontiers : « Si vous faites des travaux de rénovation dans votre maison, ça signifie bien que c’est votre maison. Donc on montre que nous sommes les propriétaires de la maison. »
    C’est précisément ce que craint Anouar Abu Eisheh : « On sent le danger. On sent que le patrimoine de mes parents, de mes grands-parents est en train d’être confisqué doucement par les colons. »
    Le ministre israélien d'extrême droite Bezalel Smotrich a récemment déclaré avoir retiré aux Palestiniens leur autorité sur le monument : il assume une forme d'annexion rampante dans la zone.
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    Cuba: sous sanctions, les hôpitaux et les patients pâtissent de la situation

    29/06/2026
    À Cuba, les conséquences du blocus énergétique imposé par Donald Trump n’en finissent pas d’empoisonner la vie quotidienne de la population. Les pénuries d’électricité, de carburant, de médicaments et de fournitures médicales perturbent gravement le système de santé et la prise en charge des patients. L’OMS estime que 100 000 personnes sont en attente d’interventions chirurgicales retardées. Reportage à l’Institut national de néphrologie de La Havane, qui se maintient debout, en dépit des difficultés.
    De notre correspondante à La Havane,
    Jusqu’à la pandémie de Covid-19, l’espérance de vie et le taux de mortalité infantile à Cuba étaient comparables à ceux des pays développés : le ratio médecins-patients figurait parmi les plus élevés au monde. Mais le durcissement des sanctions américaines, l’économie stagnante du pays et son isolement international ont aggravé la situation. L’OMS évoque aujourd’hui une situation préoccupante et estime à 100 000 le nombre de personnes en attente d’interventions chirurgicales retardées. Même dans les hôpitaux de niveau 3, les plus spécialisés et sophistiqués du pays, le personnel médical voit son rythme de travail bouleversé.
    À l’Institut national de néphrologie de La Havane, une dizaine de patients demeurent allongés sur les lits, aux côtés de leurs dialyses, de gros appareils qui remplissent une fonction rénale. Le chef de service Jules César fait sa visite quotidienne : « Le service compte 92 patients. Ces patients reçoivent trois séances d’hémodialyse par semaine. Certains les suivent le lundi, le mercredi et le vendredi, tandis qu’un autre groupe les suit le mardi, le jeudi et le samedi. Nous avons donc un jour où il y a 42 patients, et un autre 50. Ces dialyses sont touchées par les coupures d’électricité. En effet, sans électricité, elles ne fonctionnent pas. » 
    Les « apagones », les coupures de courant, peuvent durer jusqu’à 20 heures. Si les hôpitaux font partie des zones prioritaires, ils n’y échappent toutefois pas complètement et pâtissent de ces interruptions. Comme l’explique Yamile Garcia Villar, la directrice de l’Institut : « En cas de coupure de courant sur le réseau alimenté par le système électrique national, les hôpitaux ont recours à des groupes électrogènes, c’est-à-dire des générateurs locaux fonctionnant au combustible fossile, notamment au pétrole. C’est pourquoi l’absence de ce pétrole, en plus d’affecter le réseau électrique national, compromet le bon fonctionnement des hôpitaux. »
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    « C’est vraiment la pire période que j’ai traversée »
    Un autre problème fondamental se pose, celui du transport des personnes. Les 3 000 patients sous dialyse du pays nécessitent un accompagnement spécifique, qui dépend du carburant. « Il en résulte donc une grande incertitude pour nous, en tant que professionnels, et les patients ressentent eux aussi une menace réelle pour leur vie. Car c’est la vie du patient qui est en jeu ici », explique la directrice de l’Institut.
    Un peu plus loin, Silvia Fernandez Vega Garcia, la responsable de l’unité de soins intensifs, se décrit comme épuisée : « Parfois, la présence du personnel est assurée, mais c’est plutôt pour partir le problème. Nous travaillons avec des patients gravement malades, des patients qui nécessitent un suivi, c’est-à-dire qu’il faut observer chaque jour l’évolution de leur état. Ce n’est pas la même chose que d’être de garde et de ne voir le patient qu’à un moment précis. Un patient gravement malade doit faire l’objet d’un suivi pour que son état évolue favorablement, détaille-t-elle. Il nous arrive de travailler dans des conditions vraiment difficiles. Parfois, pour pouvoir assurer la dialyse d’un patient, nous disposons tout juste de l’essentiel pour trois jours ou pour une semaine, et nous devons constamment surveiller la situation. Je pense que c’est l’une des choses qui nous affectent le plus. » 
    Quant à la directrice, Yamile Garcia Villar, elle conclut ainsi : « Depuis ma naissance, ce moment est le pire de ma vie. Et j’ai 50 ans. C’est vraiment la pire période que j’ai traversée et nous avons connu bien des étapes. » Elle craint que les hôpitaux comme le sien ne puissent bientôt plus faire face.
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    Dans l'Ukraine en guerre, la lutte contre la corruption reste fragile

    28/06/2026
    En Ukraine, de grands scandales liés à la corruption éclatent régulièrement, dans plusieurs secteurs critiques, comme l'énergie ou la défense, et éclaboussent le gouvernement et le pays à l’échelle internationale. Ainsi, le pouvoir doit mener un combat à l'intérieur même du pays, afin d'endiguer la corruption. Comment cette corruption s'est-elle installée dans le pays et que fait Kiev pour s'en défaire ? La mobilisation des institutions anticorruption et la mobilisation de la société civile sont-elles suffisantes ?
    De notre correspondante à Kiev,
    Un reportage à retrouver en intégralité sur le site de RFI, rubrique podcast Accents d'Europe
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    Au Brésil, une loi pour partager la garde des animaux de compagnie

    27/06/2026
    Au Brésil, le Parlement a adopté, au mois d’avril, une loi encadrant la garde partagée des animaux de compagnie lors d’une séparation. Une décision historique dans un pays où l’on compte plus d’animaux de compagnie que d’enfants.
    De notre envoyée spéciale à São Paulo,
    Sara Donaire présente Simba, Pandora et Oliver, ses trois chats dont elle partage aujourd’hui la garde avec son ancienne compagne par période de 15 jours. Un droit qu’elle a obtenu après une longue bataille judiciaire. Et deux ans et demi sans les voir.
    « Je n’avais aucune nouvelle. La communication avec mon ex était rompue, donc je ne savais même pas où ils habitaient, parce qu’elle avait déménagé. C’était une période très angoissante, j’avais même déposé plainte », confie-t-elle. 
    À l’époque, en 2022, aucune loi n’encadrait cette situation, qui dépendait de l’analyse du juge, au cas par cas. Sara a vécu une période de grave dépression. Elle raconte le calvaire qu'elle a vécu : « Ça a été un vrai traumatisme qu’on me les arrache de cette façon, sans savoir ce qu’il se passerait, sans avoir aucun soutien juridique pour espérer les revoir un jour. C’était un moment très confus, très sombre, sans espoir ».
    C’est grâce à Catarina Modena, avocate spécialisée dans le droit des animaux, que Sara a pu obtenir une sentence favorable et la garde partagée de ses chats. Les efforts de Sara pour adapter sa maison, et les diverses consultations de vétérinaires comportementalistes ont joué en sa faveur.
    « Il y a désormais une vraie attention pour l’intérêt de l’animal. « Aujourd'hui, quand le juge est face à ce type de situation, il devra analyser dans quel environnement vivra l’animal et le temps de qualité qu’il pourra passer avec son tuteur », explique l'avocate.
    La nouvelle loi donne une sécurité juridique aux tuteurs, en faisant de la garde partagée une règle s’il n’y a pas de consensus après une séparation. Car des cas comme celui de Sara sont désormais quotidiens dans la justice brésilienne.
    Une loi qui va dans le bon sens pour Sara : « C’était courant que les personnes renoncent à leurs animaux. Mais aujourd’hui, on voit que les animaux sont considérés comme des membres de la famille. C’est pas comme un meuble qu’on peut racheter, on comprend maintenant que chaque chat, chaque chien est un être unique ».
    Au Brésil, il y aurait 160 millions d’animaux domestiques pour 213 millions d’habitants. Il était temps que la loi s’adapte selon Catarina Modena : « Le pouvoir législatif doit prendre en compte l’évolution de la société. À partir du moment où il y a plus d’animaux que d’enfants dans les maisons brésiliennes, nous devons prendre en compte ces animaux et ces familles. »
    Autre aspect important de la loi : la garde ne sera pas accordée si l’une des deux parties présente des antécédents judiciaires ou des risques de violence domestique.
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    Australie: le retour de la statue de Joy, travailleuse du sexe, à Sydney

    26/06/2026
    Pour la journée mondiale des travailleuses et travailleurs du sexe ce 2 juin dernier, nous vous proposons de partir aujourd’hui à Sydney, en Australie, où en 1995 a été érigée la première statue dans le monde leur rendant hommage. Joy, de son nom, avait à l’époque suscité une vive controverse et avait fini par être déboulonnée deux ans plus tard. Mais après quatre ans de campagne, menée par une militante défendant la cause des travailleuses du sexe et par une historienne, Joy a fait son retour à Darlinghurst, l’ancien quartier rouge de Sydney. Reportage.
    De notre correspondant à Sydney,
    Appuyée contre l'entrebâillement d’une porte, elle observe les allées et venues dans la rue, tandis que sa mini-jupe laisse apparaître de longues jambes croisées. Elle, c’est Joy. Une statue en bronze représentant une travailleuse du sexe, qui après avoir passé près de trente ans dans la réserve d’une université, a retrouvé il y a quelques mois son piédestal, à l’angle de deux rues dans le quartier de Darlinghurst, à Sydney.
    « Joy représente une forme de travail du sexe qu’on appelait "les portes". Vous voyez comment elle se tient dans l’encadrement d’une porte ? Toutes ces maisons alignées que vous voyez autour, c’est là que nous, les travailleuses du sexe, on vivait et on bossait. On se tenait devant ces portes. Mais ça, c’était avant les téléphones portables et Internet », témoigne Julie Bates, une ancienne travailleuse du sexe, une ancienne propriétaire de maison close. Et surtout, une militante acharnée de la défense des droits des travailleurs du sexe. C’est elle qui a plaidé pendant quatre ans pour le retour de Joy et elle en est très fière. « C’est une chose magnifique, elle est la cerise sur mon gâteau de militante ! »
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     « Les travailleurs du sexe ont sauvé des vies »
    Parce que Joy, dans sa première version, avait été installée en 1995. Il s’agissait alors d’une première mondiale, coïncidant avec la dépénalisation totale du travail du sexe en Nouvelle-Galles du Sud. Une initiative qui, comme le souligne l’historienne Catherine Freyne, visait également à saluer le rôle joué par ce secteur dans la promotion de l’usage du préservatif. « Quand les maisons closes ont été dépénalisées, dans le milieu des années 1990, c’était aussi le moment où le sida arrivait et d’un formidable militantisme, de la part de Julie et de ses collègues pour faire en sorte que la transmission du VIH ne passe pas par les maisons closes. » 
    Un accomplissement qui remplit de fierté Julie. « Les travailleurs du sexe ont sauvé des vies. Nous sommes les héros de la prévention de cette épidémie et jusqu’à aujourd’hui encore, il n’y a pas eu un seul cas de transmission du VIH entre une travailleuse du sexe et un client », raconte Julie Bates.
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    Raconter l’histoire du mouvement pour les droits des travailleurs du sexe
    Mais à l’époque, une partie de la société n’était pas prête à l’entendre. Après de nombreuses protestations, Joy finira par être déboulonnée en 1997, avant de faire son retour fin 2025. Elena, qui travaille dans le quartier, s’en félicite : « On a des statues partout qui honorent des hommes qui ont colonisé, des hommes qui ont fait la guerre et tué beaucoup de gens. Et on doit les vénérer, mais on ne vénère pas les femmes, et les gens ordinaires, donc je crois que c’est une bonne chose ».
    Julie, pour sa part, organise désormais des Joy tours dans le quartier, durant lesquels elle raconte aux touristes l’histoire du mouvement pour les droits des travailleurs du sexe.
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