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Dans une Syrie encore marquée par la guerre, un cinéma itinérant pour les petits… et les plus grands
18/09/2026Des ruines antiques vieilles de 3 000 ans, un décor de cinéma balafré par plus d’une décennie de guerre et, au milieu des cicatrices, un écran de toile pour les enfants. C’est le pari d’Omar Malas, photographe et cinéaste syrien. Avec son cinéma itinérant, il sillonne les routes d’une Syrie encore marquée par la guerre pour ramener un peu de culture et de vie dans les villages. C'est le cas à Palmyre, où quelques milliers d’habitants seulement ont fait le choix de revenir vivre.
De notre envoyé spécial à Palmyre,
La nuit tombe sur Palmyre. Omar Malas installe son cinéma de fortune : un vidéoprojecteur, des enceintes et quelques chaises en plastique. Pas d’écran ce soir : les images sont projetées directement sur un vieux mur de pierre. Au début, ils ne sont que cinq enfants devant la projection. Puis, au fur et à mesure que le film commence, un deuxième rang de chaises se forme. Ils sont bientôt une dizaine.
Parmi les enfants installés devant le mur, Abdel, 12 ans, découvre pour la première fois ce type de cinéma en plein air. « J'étais en train de jouer avec mes amis et Omar est venu nous voir pour nous proposer de venir assister à une projection comme au cinéma et on n’a pas hésité une seconde, s'enthousiasme le garçon. Moi, c’est la première fois de ma vie que je vois un film sur grand écran. »
Pour Omar, ce n’est pas vraiment le film qui compte. Ce qu’il veut, c’est leur faire découvrir autre chose que la guerre, leur offrir un moment de culture et simplement passer du temps avec eux. « Les gens reviennent tout doucement ici, en famille, avec leurs enfants, après 15 ans de guerre. Les enfants qui ont aujourd’hui 10 ans n’ont rien connu d’autre que la guerre, regrette Omar. L’essentiel pour moi, c’est qu’ils oublient les traumatismes qu’ils ont vécus. »
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Quelques heures suspendues
Ce soir, Omar projette Tom et Jerry, des films de Charlie Chaplin et des séries syriennes. Des femmes sortent de chez elles et viennent s’installer sur des tapis, près de l’écran, certaines avec leur narguilé.
Dans cette ville encore largement silencieuse, la musique, les rires et les voix de l’écran créent pendant quelques heures une petite animation. Mais pour faire fonctionner ce cinéma itinérant, Omar doit aussi transporter sa propre source d’électricité. Et parfois, une simple batterie peut devenir indispensable. « Ça, c’est ma batterie externe pour avoir de l’électricité, montre-t-il. Même si ce soir on a tout ce qu’il faut, parfois cette batterie devient vitale car dans des villages, il n’y a aucun jus. »
À Palmyre, ces quelques heures de projection prennent une dimension particulière pour les familles qui viennent tout juste de revenir. Mohamed est venu ce soir avec les siens. Pour lui, pouvoir simplement les amener ici aurait été inimaginable il y a encore quelques années. « Pendant la guerre, c’était impossible qu’une telle initiative voie le jour à cause des milices iraniennes, ou du Hezbollah, souligne ce père de famille. Mais aujourd’hui, grâce à Dieu, on peut amener nos enfants pour qu’ils découvrent et se divertissent. »
La projection terminée, Omar replie son écran, range ses enceintes et reprend la route. Son cinéma itinérant continuera de sillonner la Syrie, village après village, à la rencontre de ceux qui tentent, eux aussi, de reprendre le chemin d’une vie normale.
À lire aussi«La Syrie reste notre pays»: le parcours des réfugiés, un an après la chute de Bachar el-Assad- Si l'été 2026 a été exceptionnel sur le plan de la chaleur et de la sécheresse, en Angleterre comme ailleurs, on se prépare à ce que ce soit la norme dans les prochaines années, en raison du réchauffement climatique causé par l’activité humaine. Dans le sud du pays, le jardin expérimental de la Société royale d’horticulture, à Wisley, tente de s’adapter à des étés de plus en plus chauds et de plus en plus secs, notamment en dupliquant ses collections.
De notre envoyée spéciale de retour de Wisley,
Les pelouses du jardin botanique de Wisley sont roussies par le soleil et la sécheresse. Les hortensias, d’ordinaire bleu pastel et rose fuchsia, craquent sous la brise. Les haies ont particulièrement souffert cette année. « Cet été a été stressant, avec la plus longue période sans pluie jamais enregistrée, alerte Edward Cooper, jardinier en charge des expérimentations. Nos haies se décolorent. Ce hêtre a pourtant 80 ans, il est idéal pour les haies sous notre climat, mais avec l’été qu’on a passé, même les plantes matures sont en stress hydrique. »
Ce jardin botanique possède près de 25 000 espèces de plantes. Mais après cet été inédit en chaleur et en sécheresse, certaines variétés risquent de cesser de pousser. « 20 à 25 % de nos espèces pourraient ne plus être adaptées au sud de l’Angleterre, explique le directeur du jardin, Tim Upson. Par exemple, les hortensias souffrent énormément. On va donc faire des boutures pour les transférer plus au nord, une sorte de police d’assurance. »
Les collections seront ainsi dupliquées dans les autres jardins plus tempérés de la Société royale d’horticulture. Le botaniste ne cache pas une certaine excitation face aux défis climatiques qui l’attendent. « Revenez dans 10, 15, 20 ans ! Nous pourrions bien avoir de nouvelles plantes que vous n’avez encore jamais vues, s'enthousiasme-t-il. Et nos observations pourront servir à l’adaptation au changement climatique, en recommandant des plantes qui filtrent la pollution ou qui soutiennent la biodiversité. »
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Trouver des plantes d'avenir
Ici, le maître mot est l’expérimentation : créer, évoluer, s’adapter. Edward Cooper a passé l’été à trouver les plantes les plus résistantes à la sécheresse. « On a par exemple des plantes qui étaient populaires il y a longtemps, comme les hélianthèmes, poursuit-il. Ils résistent bien à la sécheresse et pourraient être des plantes d’avenir pour les jardins. »
Assis près du grand plan d’eau du jardin botanique, Brian et Deborah sont venus glaner des conseils auprès des équipes d’Edward. « Nous allons devoir arrêter les plantes en pot, elles demandent trop d’eau », conclut Deborah. « Même nos parterres de fleurs ont souffert, nos impatientes, nos bégonias… On va devoir se rabattre sur des fleurs sauvages, plus hautes, pour moins arroser », ajoute Brian.
Après la sécheresse, le Royaume-Uni craint un automne et un hiver particulièrement pluvieux, qui pourraient aussi avoir un impact adverse sur les plantes et les jardins du pays.
À lire aussiÀ Paris, des balades dans les parcs pour identifier des plantes sauvages comestibles - Au Népal, trois semaines après des inondations dévastatrices qui ont fait plus de 1 403 morts et plus de 6 100 disparus, les besoins sont encore nombreux. Plusieurs milliers de rescapés ont tout perdu : des proches mais aussi leur maison, leur terrain, leur travail et leurs économies. Le gouvernement népalais a annoncé un programme de bourse pour garantir l'éducation des enfants orphelins ou déplacés à cause de la catastrophe. Des enfants qui, pour beaucoup, ont assisté aux crues meurtrières et nécessitent un soutien psychologique. Dans un centre d'accueil temporaire de Bidur, ville sinistrée du district de Nuwakot, à une cinquantaine de kilomètres de Katmandou, les professionnels essaient de soutenir les enfants.
De notre envoyée spéciale de retour de Bidur,
Assise sur un banc devant le gymnase de l’association de taekwondo de Bidur, Suchita, 36 ans, berce son neveu. « Il a 15 mois, il était allaité, il cherche encore le lait de sa mère », s'émeut-elle. La mère du garçon est morte dans les inondations, c’est la grand-mère qui a sauvé l’enfant. « Elle est encore très traumatisée d’avoir perdu ses deux belles-filles et deux petits-enfants », poursuit Suchita.
L’enfant et la grand-mère vivent désormais dans ce gymnase sur des tapis de sol avec 200 autres rescapés. Et Suchita peine à réconforter le petit garçon. « La première nuit, il n’a pas dormi, on avait peur de déranger les autres autour, témoigne-t-elle. Mon fils de 7 ans aussi, il pleure souvent, il me dit que ses cousins qui sont morts lui manquent beaucoup, ils étaient très proches. »
Dehors, une quinzaine d’enfants jouent sur un rectangle de gazon. Il y a un tourniquet, un toboggan. À côté, des tentes blanches dressées par l’ONG Save The Children et d’autres associations. Ces espaces sont réservés aux plus jeunes pour leur redonner une routine, des repères, dans un lieu sûr. On y trouve des coloriages, des imagiers, des jeux de société. « De ce que j’ai pu voir, ici c’est un peu mieux que dans d’autres centres, explique Achita Thieng, qui intervient au nom d'une association de psychologie transculturelle, TPO Nepal. Pour l’instant on se concentre sur les premiers secours psychologiques. »
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Soigner aussi dans le futur
Le but : écouter, observer, empêcher les traumatismes de s’ancrer à long terme. « Certains enfants restent très silencieux, ils semblent ne pas encore avoir compris ce qu’il s’était passé, poursuit Achita Thieng. Un autre enfant croit, à chaque fois qu’il voit passer un hélicoptère, que ses parents sont dedans et vont revenir, alors qu’il les a vus mourir sous ses yeux. »
Plusieurs associations, ONG et le ministère de la Santé ont déployé des psychiatres, psychologues, conseillers. Reste à bien répartir cette aide, surtout dans les zones sinistrées isolées. Et après l’urgence, il faudra prendre en charge d’éventuels troubles durables : dépression, anxiété, stress post-traumatique…, explique Achita Thieng. « Dans un, deux, trois mois, il faudra pouvoir proposer un suivi régulier », plaide-t-elle.
D’après l’Unicef, plus de 17 000 enfants ont un besoin urgent d’aide et de soutien psychologique après ces inondations dévastatrices survenues au Népal le 26 août, l'une des plus grandes catastrophes des dernières décennies dans le pays. Toujours d'après l'Unicef, 541 mineurs sont seuls et n'ont pas pu être réunis avec leurs proches. Plusieurs ONG comme Save The Children alertent : après un tel désastre et l'appauvrissement soudain de nombreuses familles, les risques de travail infantile, de mariages précoces et de traite d'enfants risquent d'augmenter.
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16/09/2026Les élections israéliennes se dérouleront le 27 octobre prochain. Le président Isaac Herzog a mis en garde ses concitoyens au mois de juillet : il assure que diverses menaces pèsent sur le scrutin, il leur demande d’être vigilants face aux violences qui pourraient compromettre l’intégrité du vote, aux fausses informations, à la remise en question des résultats. La société civile s’organise pour surveiller une élection qui s’annonce cruciale pour l’avenir du pays.
De notre envoyée spéciale à Herzliya,
Les locaux du Centre civil des opérations électorales sont situés dans un parc technologique au nord de Tel-Aviv. Installés devant des écrans d’ordinateur, des volontaires de la société civile se préparent au pire. « En raison de la direction que prend le pays, nous nous inquiétons du manque de transparence et du niveau de violence », alerte Michal Beinisch, l'une des fondatrices du centre. Le vote du 27 octobre sera crucial, le premier en Israël depuis le massacre du 7 octobre 2023 et les guerres qui ont suivi.
« C'est la première fois que nous avons le sentiment que les élections peuvent vraiment être biaisées et inéquitables, martèle Eyal Naveh, qui co-dirige le projet. Nous allons mettre 100 000 personnes dans les rues, dans les bureaux de vote et autour, l’objectif est de pouvoir si nécessaire signaler des problèmes à la police, au Shin Bet, aux autorités, aux médias. Nous voulons que les citoyens d’Israël votent, nous voulons un Israël démocratique. »
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Lutter contre les infox
Les équipes se préparent à tous les scénarios. « Par exemple, le jour des élections, quelqu'un pourrait descendre dans la rue, jeter des pétards, faire croire à un attentat et créer la panique pour empêcher les gens de s'approcher des bureaux de vote, prévient Eyal Naveh, qui est un vétéran des forces spéciales israéliennes. Nous voulons faire de la pédagogie autour des fausses informations, expliquer aux gens ce qui peut se produire et les rassurer. »
Le Centre civil des opérations électorales dispose aussi d’une application qui s'appelle Hamal. « Nous comptons déjà 30 000 personnes inscrites sur l’application, explique Michal Beinisch. Concernant le numérique et la lutte contre les fausses informations, nous avons plus de 500 personnes qui travaillent actuellement bénévolement, à temps plein. »
À l’heure des infox, les réseaux sociaux sont en première ligne, il y a des patrouilles numériques. « Par exemple, la Commission électorale a déclaré récemment que toutes les vidéos électorales qui contiennent de l'intelligence artificielle doivent être signalées, marquées automatiquement pour ne pas mentir au public, rappelle Eyal Naveh. Donc, nous avons des gens qui surveillent, qui regardent tout ce qui se passe sur les réseaux. »
Michal et Eyal l’assurent, leur mouvement est apolitique, mais ils sont convaincus que si Benyamin Netanyahu est en baisse dans les sondages, si le Premier ministre et ses alliés d'extrême droite n’ont plus rien à perdre, alors la situation peut vite devenir tendue.
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De notre correspondant à Séoul,
Au Centre de surveillance numérique du ministère de la Justice, un écran géant traque en permanence la position des victimes et des agresseurs déjà connus des autorités. Yoon Hyun-bong, son directeur, présente le fonctionnement de ce système de surveillance : « Ici, c'est la victime, là, l'agresseur. On constate que l'agresseur et la victime se rapprochent de plus en plus, une première alerte est donnée à 2 km de distance mais l'agresseur continue de se rapprocher, montre-t-il, ce qui conduit au déploiement de l'agence de probation pour protéger la victime lorsque la distance est de moins d'un kilomètre. »
Le dispositif fait suite à plusieurs féminicides retentissants, notamment celui d'une femme poignardée en mars par un homme porteur d'un bracelet. Le ministère de la Justice savait où il se trouvait, mais la police en charge du dossier l'ignorait. Un échec des administrations que tente de corriger ce dispositif.
Aujourd'hui, plus de 5 000 porteurs de bracelets sont surveillés et 19 000 alertes sont envoyées chaque jour. En cas d'alerte, un membre du centre de contrôle de géolocalisation contacte l'agence de probation pour qu'ils se rendent sur place.
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Près de 45 000 cas de harcèlement en 2025
Les signalements pour harcèlement ont triplé en quatre ans, atteignant près de 45 000 cas en 2025, dont 80% des victimes sont des femmes. Cela fait donc beaucoup d'agresseurs à surveiller pour les services du ministère de la Justice. « Aujourd'hui, nous gérons environ 5 300 personnes, et ce chiffre continue d'augmenter car nous l'étendons également aux auteurs de violences conjugales, explique Kang Shin-won, chef de l'équipe de surveillance. Côté effectifs, le nombre de personnes suivies a été multiplié par plus de 30, mais le nombre de nos agents n'a pas augmenté dans les mêmes proportions : chaque agent gère actuellement un peu plus de 20 personnes en moyenne pour la surveillance électronique standard. »
Malgré le manque d'effectif, le système de surveillance semble montrer ses preuves. Depuis sa mise en place au mois de juin, le taux de récidive est passé de 14 % à 0,7 %.
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