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Midterms 2026: l'opposition contre les centres de données s'invite dans la campagne électorale au Texas
29/10/2026En plein boom du développement de l'intelligence artificielle (IA), les États-Unis veulent faire la course contre la Chine, mais le pays a déjà une très grande longueur d'avance. Il compte à lui seul près de la moitié des centres de données (data centers) qui existent dans le monde. Il s'agit d'usines de serveurs informatiques qui stockent des données. Les plus grands, hyperscale, servent aussi à entraîner l'IA. Ils fleurissent un peu partout, au Texas particulièrement où il existe des centaines de projets en cours, portés par les géants du numérique comme Amazon, Microsoft ou Meta. Le gouverneur Greg Abbott a longtemps courtisé leur installation à coups d'avantages fiscaux. Le Texas devait devenir l'épicentre du développement de l'IA. Mais en pleine campagne, un virage a été pris à l’été 2026 après la montée de nombreuses résistances citoyennes au-delà des clivages politiques. L'opposition contre les centres de données, leurs conséquences sur 'environnement et la vie des habitants se répand dans les villes comme dans les campagnes, tant du côté des démocrates que des conservateurs républicains.
À Nixon, à une heure de San Antonio au Texas, Doug Havemann montre un vaste champ. Un centre de données de l'entreprise Meta va bientôt s'y installer. « Regardez, ils construisent déjà les plateformes au fond. Personne ne savait. Personne n'a pu protester ou se plaindre », dit-il.
C'est un nouveau voisin gênant pour Rene Mejia. Son ranch familial est désormais encerclé de centres de données (data centers). « Ils m'ont fait une offre à trois reprises au moins, mais je n'en voulais pas. Ces centres prennent des terres qui pourraient servir à la faune sauvage, au bétail. Franchement, ça n'en vaut pas la peine. Et toutes ces rumeurs sur l'eau qu'ils consomment, ça me fait peur car on vit grâce à un puits ici. Quand il sera sec, qu'est-ce qu'on va faire ? », interroge-t-il.
Ses voisins, eux, ont décidé de vendre ou louer leurs terrains pour 30 ans, pour des sommes d'argent qui représentent plus qu'une vie entière dans l'élevage. Neuf projets sont annoncés dans ce comté rural et conservateur. Doug Havemann, lui aussi éleveur, subit déjà la sécheresse. « L'herbe devrait être beaucoup plus haute », regrette-t-il. Selon lui, la région fonce vers la catastrophe, car les centres de données consomment beaucoup d'eau : « Au Texas, il y a la ''règle de la capture'' : je peux planter autant de pailles que je veux dans l'aquifère et pomper autant d'eau que je veux. ».
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Un sujet de campagne électorale
Avec l'eau et l'électricité bon marché, les centres de données affluent au Texas. Dans la petite ville conservatrice de Lytle, on en compte déjà deux. Un nouveau projet réclame un abattement fiscal au conseil de la ville. Cette fois-ci, les habitants demandent à leurs élus de s'opposer à l'installation. « Ils ne fabriquent même pas d'information, ils la collectent simplement. Et la vendent. C'est comme cela qu'ils font de l'argent. Ce ne sont pas de bons voisins, ce sont des occupants ! , s'insurge Joe, un habitant.
Les centres de données se sont invités dans la campagne électorale des midterms aux États-Unis. À Nixon, Mark Hurd est le candidat démocrate au poste de commissaire du comté. La fonction concerne surtout l'entretien des routes et les permis de construire. Et face aux géants du web, ses compétences sont limitées :
« Je ne peux pas dire que je vais arrêter les centres de données. Je ne peux pas empêcher des gens d'acheter des terres et de les aménager comme ils l'entendent, surtout quand c'est à l'État de changer les règles. Ce que je peux faire, c'est être transparent : organiser des réunions publiques, me battre à mon niveau pour eux au conseil du comté et porter leur voix jusqu'à l'État. »
Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, républicain et candidat à sa réélection dans ces midterms 2026, a décrété une « pause » au Texas concernant les centres de données. « Cette élection va déterminer quelle est la force des compromis que les démocrates et les républicains pourront faire sur la gestion des data centers et le développement technologique », conclut Mark Hurd.
À lire aussiÉtats-Unis : la fronde contre les data centers bouscule la campagne de mi-mandat- Les États du monde entier se réunissent en Arménie pour une COP17 dédiée à la biodiversité. Objectif : mieux protéger la nature dont nous dépendons et qui nous rend tant de services. Dans le pays hôte, l'Arménie, c'est le sort du lac Sevan qui inquiète. La plus grande réserve d'eau douce du Caucase est en danger alors qu'elle est essentielle pour l'économie et pour des centaines d'espèces d'oiseaux et de poissons, dont certaines sont menacées de disparition. L'État arménien veut restaurer le lac en construisant notamment des réservoirs d'eau en remplacement.
Au-dessus de la plaine de l'Arrarat, en Arménie, le barrage de Vedi vient d'être terminé. Dès qu'il sera plein après la fonte des neiges, il pourra fournir de l'eau à quelque 5 000 agriculteurs en aval pendant la saison sèche. Sergey Sereda, du Fonds de développement territorial arménien (ATDF), explique : « Pour irriguer avant dans la région, il fallait 11 pompes pour aller chercher l'eau du lac Sevan. Le barrage, c'est une réserve de 29 millions de mètres cubes d'eau qu'on ne prendra plus dans le lac, et le tout avec seulement deux pompes. »
De quoi alléger un peu la pression sur le lac Sevan, car chaque année, 170 millions de mètres cubes d'eau y sont prélevés rien que pour l'agriculture, soit l'équivalent de 68 000 piscines olympiques. Et ce alors qu'avec le changement climatique, les sécheresses vont augmenter et les besoins en eau aussi.
Et tout cela sans compter l'impact de la production d'hydroélectricité, la surpêche, le tourisme, et la forte pollution, poursuit Zaven Melikjanyan, chargé du projet à l'Agence française de développement qui a aidé à financer le barrage : « Pendant l'époque soviétique, le niveau de l'eau s'est baissé approximativement à 20 mètres. Aussi, la qualité de l'eau est totalement détruite et c'est une catastrophe pour la biodiversité. Cela concerne majoritairement les poissons endémiques qui se trouvent à Sevan. Et donc, avec ce projet de Vedi, avec d'autres projets de réservoirs, on peut bien sauvegarder l'état de Sevan. » De quoi alléger un peu la pression sur le lac Sevan, pollué et pompé à l'excès depuis presque un siècle.
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En tout, dix barrages doivent être construits dans le pays. C'est le plus grand projet d'infrastructure depuis l'époque soviétique. Objectifs à terme : réaugmenter le niveau du lac Sevan et restaurer sa biodiversité sans sacrifier l'agriculture et ses 8% de PIB. Dans la plaine, il s'agit aussi d'adapter les pratiques agricoles pour éviter le gaspillage de l'eau.
« Vous voyez ces arbres ? Ce sont des abricotiers. J'en ferai des abricots secs. Et entre ces plants, je vais planter une vingtaine de pêchers », raconte Ashot Shargoyan, 70 ans. Il fait partie des quelques paysans qui ont reçu une aide pour l'installation d'un système d'irrigation moderne. Au pied de chacun de ses arbres, un tuyau délivre lentement de l'eau au goutte-à-goutte. « Je suis ravi d'avoir ce système d'irrigation goutte à goutte chez moi, que j'utilise pour cultiver des légumes et des arbres fruitiers. On utilise très peu d'eau, ça fait des économies ! Et la qualité du produit est vraiment excellente. Goûtez mes tomates, elles sont aussi douces que des fruits ! », ajoute-t-il.
Économiser l'eau est d'autant plus important qu'avec le changement climatique, les sécheresses vont se multiplier et s'intensifier.
À lire aussiArménie: des chercheurs français en quête de semences pour affronter le réchauffement climatique - Au Royaume-Uni, le bâti scolaire a beau avoir bénéficié d'une campagne de remise à neuf sous Tony Blair, Premier ministre de 1997 à 2007, beaucoup d'établissements sont en mauvais état et ont bien du mal à obtenir les fonds pour des travaux. Selon une enquête réalisée par le journal The Guardian, 1,5 million d'écoliers étudient dans des écoles délabrées.
Un reportage à retrouver dans son intégralité sur le site de RFI dans le podcast Accents d'Europe. - Maisons à l’abandon, appartements inoccupés, lotissements désertés, en Irlande, des milliers de logements restent vides, alors que la crise du logement atteint des niveaux records. Les loyers à Dublin sont devenus les plus chers d’Europe, deux tiers des 18-34 ans vivent encore chez leurs parents et jamais autant de personnes n’ont eu besoin d’un hébergement d’urgence. Alors pourquoi ces milliers de logements vides ne sont-ils pas remis sur le marché, quand tant d'Irlandais peinent à trouver un toit ? Direction Cork, dans le sud du pays, deuxième plus grande ville d’Irlande, où le paradoxe est bien visible.
Un reportage de notre correspondante à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
À lire aussiIrlande: les maisons de jardin, une réponse à la pénurie de logements? - Mardi 27 octobre, des élections législatives se tiendront en Israël. En Cisjordanie occupée, où vivent plus d’un demi-million d’Israéliens installés dans des colonies illégales au regard du droit international, beaucoup se définissent comme « sionistes religieux ». Les partis qui les représentent font partie de la coalition qui a gouverné Israël ces quatre dernières années.
Sur les hauteurs de la colonie d’Itamar, Moshe Goldsmith commente le paysage de ce qu’il appelle la Judée-Samarie, le nom biblique de la Cisjordanie occupée. Barbe blanche et kippa des Juifs religieux, l’homme est un partisan revendiqué de la coalition la plus à droite de l’histoire d’Israël.
« Je pense que ce gouvernement a été extraordinaire, si l’on pense à tous les défis qu’il a dû affronter : le Hezbollah, Gaza, le front intérieur ici en Judée-Samarie et bien sûr l’Iran et encore la Syrie. Mais une fois de plus, comme l’Histoire nous l’enseigne, Israël a retourné la situation à son avantage… », affirme-t-il.
Moshe votera pour la liste du sionisme religieux, le parti du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui lui aussi habite une colonie du nord de la Cisjordanie occupée. Yael est l’une de ses voisines. « À une période où tout le monde voulait faire un accord avec le Hamas pour pouvoir récupérer tous les otages, lui il a tenu bon. Il a dit : "Il faut pas faire d'accord avec le Hamas. On arrivera à récupérer les otages. Mais il faut pas lâcher prise, il faut tenir pour l'avenir" », explique-t-elle.
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La question du service militaire chez les religieux au coeur des débats aussi dans les colonies
Mais certains débats de la société israélienne résonnent aussi parmi les habitants des colonies. Ces nationalistes religieux sont très représentés dans l’armée et dans ses unités combattantes. Ce n’est pas le cas d’un autre groupe de religieux juifs en Israël, les ultra-orthodoxes, qui dans leur immense majorité ne portent pas l’uniforme. Une injustice, selon Sondra Barras qui vit dans la colonie de Karnei Shomron :
« Deux de mes fils sont dans des unités combattantes, ils ont porté l’uniforme au moins six mois par an au cours des trois dernières années. Et vous verrez cela partout chez les sionistes-religieux et particulièrement en Judée-Samarie, où nous avons plus de soldats réservistes que partout ailleurs. Et j’ai été très déçue de la façon dont le gouvernement actuel a géré cela. »
Sondra ne votera donc pas pour l’un des partis de la coalition sortante qui a gouverné ces quatre dernières années en s’appuyant à la fois sur les partis ultra-orthodoxes et sur les partis nationalistes religieux.
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