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    En Inde, une coentreprise de fabrication de téléphones illustre le dégel avec la Chine

    12/09/2026
    La présence simultanée de Xi Jinping et Narendra Modi en Inde, à l’occasion du sommet des Brics, illustre le réchauffement des relations entre les deux pays les plus peuplés du monde. L’étau se desserre doucement entre les deux économies, avec l’autorisation de nouveaux investissements chinois sur le territoire indien, notamment dans un secteur clé : la fabrication de téléphones portables. Si la Chine reste de loin le plus grand fabricant mondial, l’Inde progresse rapidement. Une alliance, où une « joint venture » entre deux géants du secteur, a été annoncée en juillet. L’entreprise chinoise Vivo et l’indienne Dixon ont ainsi scellé leur collaboration, comme en témoigne la visite de l’une de leurs usines en banlieue de New Delhi.
    De notre envoyé spécial à New Delhi,
    Environ 1,2 million de téléphones par mois sont produits dans les usines que supervise Lalit Choudhary, directeur général des opérations pour Dixon Electronics, leader indien de la fabrication de téléphones. Avant d'entrer dans l'usine, passage obligé par la clean room : un sas où une gigantesque soufflerie élimine toutes les poussières. « Pas de poussière, contrôle de la température, contrôle de l'humidité, des décharges électrostatiques, il faut un environnement spécifique », explique-t-il.
    Chaque employé surveille avec attention les larges machines blanches. Elles gravent, assemblent et vérifient que chaque pièce fonctionne. « Cette machine-là, on l'appelle le pilote. Et là, c'est une carte mère, mais pas encore fonctionnelle. Une fois qu'elle est passée dans la machine, avec tous les composants, on dit que c'est bon, elle est assemblée. Tout ce qui permet ensuite de pouvoir contrôler et utiliser le téléphone, c'est grâce à cela », détaille le directeur des opérations. Une plaque métallique sur laquelle sont installés les semi-conducteurs et composants électroniques du téléphone. Après être passée dans une dizaine de machines, la carte mère peut monter à l'étage supérieur.
    C'est là, au micro-assemblage, que le téléphone prend forme. « En moyenne, il y a 75-80 personnes par ligne de production selon les modèles », précise Lalit Choudhary. « En Inde, cela fait plus de 15 ans que nous assemblons des portables, les gens ici en Inde sont des experts », ajoute-t-il.
    Samsung, Motorola, Apple : la plupart des constructeurs mondiaux veulent réduire leur dépendance à la Chine et se tournent vers l'Inde, attirés par le faible coût du travail et les débouchés de l'immense marché indien. C'est aussi ce que vient chercher l'entreprise chinoise Vivo, dont la production conjointe avec Dixon doit débuter à l'automne. « Vivo, c'est le leader du marché des téléphones portables dans le marché indien, ils ont près de 20 % de part de marché, c'est une grande entreprise avec des capacités technologiques », souligne Saurabh Gupta, directeur financier du groupe.
    Vivo, spécialisé dans la conception des portables, fabrique une large partie de sa production en Chine, un savoir-faire utile pour Dixon. Mais il a fallu convaincre durant plus de 15 mois les autorités indiennes pour qu'elles acceptent le projet. « Dans une joint-venture, les entreprises indiennes doivent avoir la majorité des parts, il doit y avoir des bénéfices concrets pour l'industrie et le pays en termes de transferts de technologies, de savoir-faire, des bonnes pratiques à adopter », explique Saurabh Gupta. Des transferts de technologies loin d'être évidents. Beaucoup doutent de la volonté des entreprises chinoises de vouloir réellement aider à former leurs concurrents de demain.
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    Sur les traces de Céline Dion au Canada

    12/09/2026
    Céline Dion retrouve la scène parisienne ce samedi, pour son premier véritable concert depuis six ans. Au Québec, ce retour ravive aussi les souvenirs de celle qui a grandi à Charlemagne avant de devenir une star mondiale et remet aussi en lumière la place qu’occupe encore Céline Dion dans la mémoire collective. 
     
     « Dans 150 mètres, tourner à droite sur la rue Céline-Dion... », dit le GPS. La chanteuse a son boulevard à Charlemagne, où elle a grandi. Mais pour retrouver les lieux de son enfance, il faut davantage d’imagination. Sa maison natale a été démolie. Le bar voisin où elle chantait déjà devant un public à huit ou neuf ans, a lui aussi disparu.
    « Comme vous voyez, maintenant, c’est un stationnement vide », présente Sylvain Crévier, maire suppléant, fait la visite. « C'est juste à côté que la famille Dion a élevé ses 14 enfants et fait de nombreuses soirées festives et musicales. Et puis, c'est la rivière. Donc, elle a été bercée par le son des grenouilles de nombreuses soirées chaudes d'été », ajoute-t-il. 
    Depuis, le décor bucolique a laissé place à la banlieue. Et au bruit des voitures sur le boulevard Céline-Dion. Du moins, c’est comme ça que tout le monde l’appelle. « Selon les règles québécoises, pour donner un nom à un boulevard, il faut être décédé, donc ils ne l'ont pas permis. Mais on en est très fiers, donc on le fait pareil. Et puis Google Maps l'a enregistré. Donc, c'est un fait maintenant », affirme-t-il.
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    Le boulevard rejoint l’autoroute. Trente kilomètres plus loin, à Montréal, une robe blanche se détache dans la pénombre du musée McCord Stewart. Celle que Céline Dion portait aux Jeux olympiques de Paris 2024. Sur les écrans, sa prestation repasse en boucle. « C’est assez émouvant de voir ça », précise Lucie. Pour elle, la robe compte moins que ce qu’elle lui rappelle : le retour de Céline sur scène. « Ça donne la chair de poule. C’est la patrimonialisation, en quelque sorte, d’un moment incroyable. C’est tout ce qui nous émeut aussi », explique-t-elle. Devant la vitrine, une autre visiteuse essuie ses yeux. « J’ai versé quelques larmes de joie, de bonheur, d’émotion », reconnaît-elle.
    Les lieux qui racontent Céline Dion sont rares au Québec, rappelle Lorraine. À ses côtés, sa famille n’y voit pourtant pas un manque. « On la vénère pour son talent, on n’a pas besoin de monument. La planète est à ses pieds. […] Céline Dion dans cette robe-là, c’est un monument en elle-même. C’est elle-même, sa personnalité, sa voix. Juste de l’entendre. C’est un tout. C’est vraiment sublime », raconte un membre de la famille. 
    À Charlemagne pourtant, certains voudraient lui faire davantage de place. « Ça revient souvent dans les consultations citoyennes que la ville fasse quelque chose pour dire que c’est le lieu de naissance de Céline », souligne un habitant. Car les lieux se sont effacés. Pas la curiosité. « Il y a encore beaucoup de touristes qui arrivent ici à Charlemagne pour voir où est-ce qu'elle a été élevée, donc c'est bizarre », s'étonne-t-il. Plusieurs idées sont à l’étude, dit le maire, mais rien ne sera décidé sans l’accord de la famille Dion.
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    «La guerre est impopulaire chez les jeunes»: la difficile mobilisation des électeurs républicains divisés

    11/09/2026
    Donald Trump a pris la parole à la convention nationale des républicains. Deux jours de prises de parole de figures conservatrices et de candidats, avec l’objectif de mobiliser les électeurs à moins de deux mois des élections de mi-mandat. Un événement tourné autour de Donald Trump, malgré sa baisse de popularité, notamment pour sa guerre menée en Iran. Et une partie de ces critiques proviennent d’influenceurs conservateurs qui ont publiquement, dans leurs podcasts et émissions en ligne, critiqué Donald Trump. Ces influenceurs conservateurs sont pourtant un pilier du mouvement MAGA et certains tentent de maintenir l’unité au sein mouvement.
    Dans les coursives de l’arène où se déroule la convention, Benny Johnson a du mal à avancer, pris d’assaut par des fans. L’influenceur conservateur, dont la chaîne YouTube compte plus de six millions d’abonnés, pose pour les photos. « J’aime le travail de Benny parce qu’il est toujours authentique, sincère, et qu’on sait que ses infos sont vraies. Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui sont achetés. Malheureusement, aujourd’hui, les médias sont tous bidons et achetés. »
    Benny Johnson, lunettes rondes et cheveux brossés en arrière reste lui fidèle à Donald Trump. et même avec la guerre en Iran, contrairement à d’autres figures plus critiques comme Tucker Carlson. « Bien sûr qu’il y a une fracture. La guerre est impopulaire chez les jeunes. Elle est aussi impopulaire auprès d’une très grande partie de la base électorale. Mais je dirais que ce qu’il faut vraiment regarder, ce sont les résultats. »
    Benny Johnson regrette ces divisions au sein de son mouvement: « Je n’aime pas ces méthodes. Je connais tellement de ces gens. Je les connais personnellement. J’ai travaillé pour eux, j’ai travaillé avec eux. Donc, je n’aime pas les attaques personnelles. Je déteste ça. Je ne le supporte pas. Ce n’est pas sain. Mais oui, ça divise le parti, et c’est vraiment dommage. J’aimerais que davantage de gens prennent un peu de recul, peut-être qu’ils prennent un calmant, et essaient de travailler de l’intérieur du parti, vous voyez, pour tenter de rapprocher les différents camps, de combler ces divisions. C’est ce que j’essaie de faire. »
    « On attend beaucoup de cette convention »
    Et pour couvrir cette convention, vous avez les médias qualifiés de « traditionnels » ou « mainstream » par les républicains, puis ces émissions en ligne, très populaires, qui assument leur proximité idéologique avec Donald Trump, comme l’émission « War Room », animée par la figure Steve Bannon, qui n’est pas présent à cette convention.  Mais sa fille, Maureen Bannon, qui dirige l’émission, en attend beaucoup de cette convention pour le mouvement MAGA de Donald Trump : « C’est très important, surtout pour la base militante, de rappeler aux électeurs républicains qu’il faut rester mobilisés dans ce mouvement, notamment à l’approche des élections de mi-mandat. Tout le monde pense que quelqu’un d’autre va mener ce combat à notre place. Mais si nous ne continuons pas à nous battre pour faire élire des candidats conservateurs et MAGA, les démocrates prendront le contrôle de la Chambre et du Sénat. Et nous ne pouvons pas laisser cela arriver. »
    D’autre influenceurs locaux sont aussi présents, comme P. Rae Easley. Avec son chapeau de cowboy rouge Make America Great Again, une personnalité de radio à Chicago, destinée notamment aux afro-américains. Elle ne voit pas d’effets durables de ces divisons : « Le mouvement MAGA est toujours bien vivant. Vous savez, je pense que la gauche essaie vraiment de faire croire que le mouvement MAGA est mort. »
    Pendant ces deux jours de convention, les orateurs, y compris Donald Trump, ont fustigé à plusieurs reprises les médias dits « mainstreams », les accusant d’être contre le président.
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    Belgique: à Bruxelles, la violence liée au narcotrafic gagne du terrain

    10/09/2026
    Le risque que la Belgique devienne un narco-État a été évoqué par le directeur des douanes devant l’extension des réseaux criminels dont les trafics gravitent autour des ports d’Anvers et Rotterdam. Les réseaux se livrent à une lutte de territoires et n’hésitent plus à ouvrir le feu. Près de 300 fusillades ont été comptabilisées en cinq ans, dont plusieurs cet été.
    Devant la pizzeria de Salvatore, dix-sept impacts de balles témoignent encore de la rafale de kalachnikov : « C’était tous les jours comme ça, le bruit. On avait l’habitude de voir les vendeurs, tout simplement, et les clients, qui embêtaient le voisinage. Pas les rafales, tu vois. Ça ne tirait pas comme maintenant. »
    Place de Bethléem, 100 mètres plus loin, les petits jouent à nouveau près des jets d’eau, à la grande joie de Camille Mottet. Son association « La Ville aux enfants » a co-organisé une manifestation après les fusillades. « Là où on est, avant le Covid, la place, c’était les familles. Et puis il y avait les dealers qui étaient un peu plus haut, mais ce n’était pas des drogues dures, je pense. Tout ce petit monde arrivait quand même à cohabiter et, en fait, depuis le Covid, les familles ont quand même été retirées de l’espace public. Il n’y avait plus que des hommes sur cette place. Et voilà, il y a tout un engrenage qui s’est mis en place », explique-t-elle.
    Pour le bourgmestre de Saint-Gilles, il faut mettre les bouchées doubles sur la prévention et la répression. « On a un deal de rue qui est devenu autre chose que le deal de rue à l’ancienne, où on vendait un peu d’herbe à la sauvette. On est dans des organisations criminelles. On pourrait être sur un décor de GTA ou de Fortnite. En fait, ils se tirent dessus pour se faire peur avec des armes automatiques. Heureusement que, jusqu’à présent, ils n’ont pas fait de dégâts, mais ça ne saurait tarder », craint Jean Spinette.
    Prévention et répression 
    Le procureur du roi, Julien Moinil, réclame à cor et à cri des dizaines d’enquêteurs pour faire face et traquer les dirigeants des réseaux, seul moyen de gagner ce qu’il appelle une guerre : « C’est très bien de faire des actions pour rassurer la population, montrer que la police est là et procéder à des arrestations de petits dealers en flagrant délit. Mais ce qui compte, c’est que la police fédérale ait cette puissance qui me permette de couvrir le crime organisé bruxellois dans sa totalité. »
    Mehdi Kassou est le directeur général de BelRefugees, qui héberge bon an mal an 6 000 personnes, et il tire la sonnette d’alarme, car les associations subissent des coupes budgétaires drastiques : « La suppression de ces moyens va inéluctablement amener minimum 1 000 personnes à aller rejoindre les milliers de personnes qui sont aujourd’hui en errance ou sans abri à Bruxelles. En créant donc une masse de personnes ultra-précarisées, avec, selon nous, deux conséquences potentielles assez immédiates. La première, c’est que ce public est un oiseau pour le chat, et donc ils sont déjà, pour une grande partie, victimes de trafic d’êtres humains. Ils seront aujourd’hui plus que probablement, en plus d'être victimes d’un trafic d’êtres humains aussi au sein d’organisations criminelles. »
    Pendant ce temps-là, dans le bas de Saint-Gilles, le quartier autour de la gare du Midi est peuplé de consommateurs de crack qui ne tentent même pas de se cacher au passage des policiers.
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    L'immigration est au cœur de la campagne des législatives en Suède

    09/09/2026
    À trois jours des élections législatives en Suède, un sujet s’impose au cœur de la campagne : l’immigration. Il y a dix ans, la Suède était l’un des pays européens les plus ouverts à l’immigration. Depuis, le pays a opéré un virage spectaculaire. Le gouvernement revendique une hausse de plus de 60 % des expulsions de personnes migrantes depuis son arrivée au pouvoir en 2022. Un tournant largement porté par les Démocrates de Suède, l’extrême droite anti-immigration. Deuxièmes dans les intentions de vote à quelques jours des législatives, ils soutiennent le gouvernement depuis quatre ans. Mais cette fois-ci, ils veulent entrer au gouvernement, et la droite leur ouvre la porte en cas de victoire.
    Un reportage de notre correspondante à Stockholm à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
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