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    À la Une: les mémoires blessées de la guerre d’indépendance en Algérie

    09/06/2026
    C’est le titre d’une série de trois reportages réalisées par la journaliste Florence Beaugé du Monde Afrique. « Loin de se combler, constate-t-elle, le fossé s’est creusé des deux côtés de la Méditerranée depuis le brusque réveil de mémoire sur la guerre d’Algérie, au début des années 2000. Les crises à répétition qui secouent Alger et Paris depuis 2024 alimentent rancœur et incompréhension en Algérie et ne laissent pas entrevoir de réconciliation durable ». Florence Beaugé, qui a couvert l’Algérie pour Le Monde entre 2000 et 2010, est retournée dans le pays et nous décrit, dans cette série en trois volets, l’étendue de cette incompréhension et de cette douleur. 
    Morts « dans le feu de l’action… »
    La journaliste a pu recueillir de multiples témoignages directs ou indirects comme celui de Baya Laribi. Cette infirmière est âgée de 19 ans en 1957 lorsqu’elle est capturée par l’armée française alors qu’elle convoie un groupe de maquisards blessés à dos d’âne vers la Tunisie.
    « Les captifs sont alors séparés, raconte Le Monde Afrique, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Les treize blessés et combattants sont allongés côte à côte, à même le sol. Vivants. Un véhicule blindé de l’armée française roule alors sur les corps étendus. Baya et deux autres infirmières capturées assistent à la scène. (…) L’historien Christophe Lafaye a pu reconstituer la scène et confirmer les propos de Baya Laribi en fouillant les archives militaires à Vincennes. Version officielle : les treize prisonniers sont morts "dans le feu de l’action". Baya, quant à elle, sera ramenée à Alger et passera d’un centre de détention à un autre, torturée et violée à de nombreuses reprises. (…) Baya est décédée en 2017, à l’âge de 81 ans. Avant de mourir, avait-elle pardonné à la France ses souffrances passées ? "Jamais !", répond sa sœur. Elle était pleine de bonté, pourtant. Mais la France l’a traumatisée à vie et nous a tous trop fait souffrir !" » 
    « Trop peu, trop tard… »
    Dans le deuxième volet de cette enquête du Monde Afrique, Florence Beaugé raconte « l’inlassable attente d’une relation apaisée avec la France. Le traumatisme de l’indépendance demeure ancré en Algérie, écrit-elle, et même dans la diaspora française, du côté des combattants indépendantistes comme des appelés ». Et il y a toujours « l’attente d’une reconnaissance des crimes coloniaux et des excuses formelles, plus que de la "diplomatie transactionnelle" ».
    En effet, pointe le journal, « "Trop peu, trop tard". C’est ainsi qu’est souvent résumée la politique de réconciliation menée par Emmanuel Macron. Dans les concessions qui sont faites par l’Élysée, beaucoup voient des aumônes ou des calculs, variables selon les besoins de la diplomatie du moment. Un petit pas tous les deux ou trois ans, mais jamais le geste attendu : une reconnaissance solennelle des crimes coloniaux, des excuses formelles et l’accès aux archives ».
    Paris obtient des avancées, mais Alger attend toujours des réponses…
    « France–Algérie : un dégel diplomatique à sens unique ? », s’interroge en écho Le Matin d’Algérie : « après plusieurs mois d’une crise diplomatique parmi les plus graves qu’aient connues l’Algérie et la France depuis des décennies, les deux capitales affichent désormais leur volonté de tourner la page, pointe le quotidien algérien. Reprise des contacts politiques, échanges ministériels, discours d’apaisement : les signaux du dégel sont visibles. En l’espèce, Paris obtient des avancées, mais Alger attend toujours des réponses ».
    En effet, précise Le Matin d’Algérie, « les principaux contentieux ayant déclenché la crise n’ont pas disparu. La France n’a pas renoncé à son soutien au plan marocain pour le Sahara occidental. Pourtant toute cette crise est partie de là ! La question des biens mal acquis reste largement ouverte. Aucun des anciens ministres sous Bouteflika établis en France et dont l’Algérie réclame l’extradition ne semble officiellement inquiété. L’affaire de l’enlèvement d’Amir DZ demeure entre les mains de la justice française. Le dossier de cet agent consulaire emprisonné ne semble pas réglé. Dans ces conditions, affirme Le Matin d’Algérie, le réchauffement diplomatique en cours ressemble davantage à une suspension du conflit qu’à son règlement ».
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    À la Une: vingt ans de prison pour un officier français au Mali

    08/06/2026
    « Onze mois après son arrestation par la justice malienne, le lieutenant-colonel français Yann V. a été fixé vendredi sur son sort par un tribunal de Bamako, pointe Maliweb. L’agent français écope de 20 ans de réclusion criminelle et d’une amende de 3 millions 600 000 FCFA ainsi que du paiement d’un franc symbolique à l’État malien. Pour rappel, poursuit le site bamakois, ce lieutenant-colonel avait été interpellé et accusé par le gouvernement de transition d’avoir contribué "à mobiliser les responsables politiques, acteurs de la société civile et des militaires dont les généraux de brigade Abass Dembélé et Nema Sagara" pour déstabiliser les institutions de la République. Dans la foulée de son interpellation, le ministère français des Affaires étrangères avait contesté les accusations portées contre son deuxième secrétaire à l’ambassade à Bamako. Paris avait même rejeté son implication estimant qu’il fait l’objet "d’accusations sans fondement". »
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    Des fonctions officielles…
    En effet, précise Le Monde Afrique, « Yann V. était présent au Mali sous sa véritable identité et était dûment accrédité comme officier de la DGSE auprès des autorités maliennes. Il était officiellement second secrétaire de l’ambassade de France à Bamako, poste qui lui confère théoriquement l’immunité diplomatique en vertu de la convention de Vienne de 1961. Malgré leurs relations très tendues depuis le putsch du général Goïta, en 2020, qui a tourné le dos à la France pour miser sur la Russie, Paris et Bamako avaient en effet maintenu une discrète coopération en matière de renseignement. Une équipe réduite de la DGSE, qui fournissait notamment un appui technique à ses partenaires maliens, et dont Yann V. faisait partie, était donc présente à Bamako dans ce cadre. »
    Défiance…
    En fait, analyse Afrik.com, « la condamnation de Yann V. s’inscrit dans une relation franco-malienne déjà profondément abîmée. Depuis le départ de l’opération Barkhane et le rapprochement de Bamako avec Moscou, les tensions sont régulières. Cette affaire prolonge ce cycle de défiance. Juger l’officier français permet à Bamako d’adresser un message clair à la France en montrant que le Mali entend traiter toute présence française jugée suspecte comme une menace contre sa souveraineté. »
    Cette condamnation, poursuit Afrik.com, révèle aussi et surtout « la difficulté, pour les autorités maliennes, de traiter publiquement les volets internes de cette affaire. En condamnant le Français, Bamako met en scène la défense de sa souveraineté face à l’ancienne puissance coloniale. Et en laissant les généraux maliens impliqués dans l’attente (d’être jugés par une cour militaire), le pouvoir évite, pour l’instant, un procès qui pourrait ouvrir des débats plus délicats sur les fractures au sein même de l’armée malienne. »
    Une issue diplomatique ?
    En tout cas, conclut le site panafricain, « dans l’immédiat, une issue rapide paraît difficile pour Yann V., même si Paris continue de réclamer sa libération et de dénoncer une violation des règles diplomatiques. »
    D’après le site d’information malien, Bamada, « la condamnation de Yann V. n’exclut pas, en théorie, une issue diplomatique ultérieure, notamment un transfèrement vers la France pour l’exécution de la peine ou alors une mesure de grâce décidée par les autorités maliennes. Une telle évolution dépendrait toutefois d’une décision souveraine de Bamako et d’éventuels échanges avec Paris. »
    Bien traité mais amaigri
    Enfin, pour ce qui est des conditions de détention de l’officier français, « en mars dernier, Jeune Afrique révélait qu’il était détenu à la base aérienne 100 de Bamako, une installation relevant de la sécurité d’État malienne. Il avait, dans les semaines qui avaient suivi, pu avoir accès à un avocat et avait vu ses conditions de détention s’améliorer (…). »
    Pour sa part, Le Monde Afrique confirme que « Yann V. est détenu par l’agence nationale de la sécurité d’État dans une de ses bases de Bamako. Il est bien traité mais amaigri. Après plusieurs mois sans visite, il avait vu pour la première fois un membre de l’ambassade de France, en décembre dernier, à l’occasion des fêtes de fin d’année. Depuis son arrestation, des contacts ponctuels ont eu lieu entre responsables maliens et français à son sujet. (…) La France a opté pour une ligne ferme sur ce dossier sensible, suivi en permanence à la DGSE et supervisé par l’Élysée. Dénonçant une arrestation arbitraire, elle ne réclame qu’une chose : la libération immédiate de son agent. Pour l’instant sans succès. »
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    À la Une: tragédie dans le désert au Niger

    05/06/2026
    « Une cinquantaine de personnes trouvent la mort dans la traversée du désert », titre l'Agence nigérienne de presse (ANP), qui publie les photos de corps en partie recouverts par le sable. Les victimes sont « des voyageurs nigériens en provenance du Mali », rentrant dans leur pays, afin « de célébrer l’Aïd auprès de leurs familles respectives ».
    Le camion qui les transportait, « parti de la localité malienne de Tel-handek, située à environ 300 kilomètres de la frontière nigérienne, se serait perdu avant de tomber en panne après plusieurs jours de route dans le désert ». L’ANP poursuit : « Privés d’eau et incapables de réparer le véhicule, malgré les efforts du chauffeur, de ses apprentis et des passagers, les voyageurs se sont retrouvés piégés au cœur d’un environnement hostile où les températures extrêmes et l’absence de point d’approvisionnement rendent toute survie extrêmement difficile ».
    L’ANP précise également que les 49 victimes ont été « inhumées sur place, dans des fosses communes ». ActuNiger, de son côté, explique que deux survivants ont été retrouvés : « Après avoir marché plusieurs dizaines de kilomètres, ils ont atteint une zone d’eau avant de rejoindre Assamaka, où ils ont donné l’alerte. » Conclusion du site d’information nigérien : « Ce drame met une nouvelle fois en lumière la vulnérabilité des voyageurs dans le désert sahélo-saharien, où l’isolement, les distances et les conditions climatiques extrêmes transforment chaque déplacement en risque vital. »
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    Moins d'ambassades et de consulats
    Afrik.com consacre un article à l’accès aux visas pour les Africains souhaitant se rendre aux États-Unis. « L’administration de Donald Trump, explique Afrik.com, poursuit le renforcement de sa politique migratoire avec de nouvelles mesures visant les ressortissants africains. Réduction des services consulaires, exigences financières accrues et restrictions de voyage élargies, marquent une évolution significative des conditions d’accès au territoire américain. »
    C’est une note interne de l'administration américaine, qui explique notamment que « d’ici fin juin, les demandes ne pourront plus être effectuées que dans une vingtaine d’ambassades et de consulats, contre près de 50 actuellement ». « Pour des ressortissants de pays, comme Madagascar, le Bénin ou le Gabon, poursuit le site panafricain, cette mesure implique de se rendre dans un État voisin pour effectuer les démarches, ce qui impose des trajets transfrontaliers ou des vols internationaux ».
    Ces nouvelles mesures s’ajoutent à celles déjà mises en place le 1er janvier dernier, et prévoient que « les voyageurs issus de certains pays africains doivent fournir une garantie financière pour obtenir un visa ».  Une caution qui varie « de 5 000 à 15 000 dollars ». « L’ensemble de ces mesures modifient les conditions d’accès aux États-Unis pour les ressortissants de plusieurs pays africains. Elles affectent notamment les déplacements liés aux études, aux affaires et aux échanges culturels », conclut Afrik.com.
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    « Historique »
    En football, la Côte d'Ivoire a battu la France 2 buts à 1, jeudi soir, lors d’un match amical avant le début du Mondial. Une victoire qui réjouit la presse ivoirienne. Fratmat parle « d’un exploit retentissant » et « d’une victoire historique », « une première dans l’histoire des confrontations entre les deux sélections, qui confirme la montée en puissance de la génération conduite par le sélectionneur Emerse Faé ». « À Nantes, ajoute Fraternité Matin, les Éléphants ont rugi plus fort que jamais ».
    De bon augure pour la suite. « À quelques jours du début de la Coupe du Monde 2026, la Côte d’Ivoire confirme ses ambitions, remarque le journal ivoirien, elle démontre qu’elle possède désormais les armes pour rivaliser avec les meilleures nations du globe. Quant aux Bleus, cette défaite inattendue laisse apparaître plusieurs interrogations avant leur ultime match de préparation contre l’Irlande ».
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    À la Une: la vague xénophobe en Afrique du Sud

    04/06/2026
    La photo du jeune Nhlamulo Sambo, 18 ans, est partout dans la presse sud-africaine : c’est l’une des trois victimes des violences du week-end dernier dans un bidonville de Mossel Bay, ville côtière dans la province du Cap-Occidental. Les deux autres victimes sont des ressortissants mozambicains. Le jeune homme, de nationalité sud-africaine, aurait été pris pour un étranger…
    « Les manifestations contre la présence d’étrangers illégaux avaient débuté dans le bidonville d’Asla Park vendredi dernier, explique le Mossel Bay Advertiser, et dès le lendemain, la situation s'était envenimée, entraînant l’incendie de plusieurs maisons et laissant des centaines de personnes sans abri. »
    Le bilan est donc de trois morts et « plus de 400 Mozambicains ont été évacués de Mossel Bay et une centaine de ressortissants étrangers reçoivent encore de l’aide », pointe le Cape Times.
    Le Cape Times qui précise que ces « troubles de Mossel Bay font suite à des incidents similaires survenus dans tout le pays. (…) À l’origine de plusieurs de ces manifestations contre les étrangers sans papiers : le groupe anti-immigration March and March, relève le quotidien sud-africain, un groupe qui brandit la menace d’une grève générale le 30 juin si le gouvernement ne répond pas à ses revendications. Des informations font état de groupes d’autodéfense [au sein de ce groupe] contrôlant les papiers d’identité des étrangers et contraignant les petits commerces tenus par des non-Sud-Africains à fermer leurs portes. »
    Le groupe extrémiste March and march…
    En fait, relève Le Monde Afrique, « l'Afrique du Sud connait des tensions xénophobes allant jusqu’à la violence depuis près de vingt ans. Les populations immigrées prises pour cibles sont notamment d’origine africaine et asiatique. » Et « depuis plusieurs mois, le pays est le théâtre de manifestations portées par des groupes qui se revendiquent anti-immigration illégale. Parmi les mouvements impliqués, on retrouve (donc) ce groupuscule extrémiste March and March. Leurs rassemblements virent souvent à la chasse à l’homme, de quoi terrifier les personnes immigrées et pousser leurs gouvernements d’origine à organiser leur rapatriement. »
    Ce groupe, « créé l’année dernière, précise Le Point Afrique, se présente comme une organisation civile de lutte contre l’immigration illégale, qu’il juge responsable du chômage et de la criminalité, qui est très élevée. March and March affirme ne dénoncer que l’immigration illégale, ce que les victimes de leurs actions contestent. À Durban, l’épicentre des récentes manifestations, environ 500 étrangers se sont réfugiés près d’une station de police, affirmant avoir été victimes d’intimidation ou d’expulsion de leur domicile. Les autorités, qui les ont ensuite transportés dans un centre de réfugiés, ont indiqué que seules deux personnes étaient en situation irrégulière.
    Malgré les efforts du gouvernement de Pretoria pour désamorcer la situation – il a notamment convié les représentants de March and March à des discussions au sujet de l’immigration illégale –, le groupe reste intransigeant, relève encore Le Point Afrique : il exige le départ ou la déportation de tous les immigrés illégaux avant le 30 juin, date à laquelle il menace d’organiser un blocage national. »
    Évacuations massives…
    Conséquence de ces manifestations xénophobes et de ces menaces, pointe le Daily Maverick : « Des centaines de ressortissants étrangers sont évacués d’Afrique du Sud par leurs gouvernements respectifs. Le Nigeria prévoit de rapatrier par avion entre 2 000 et 4 000 de ses ressortissants. Le Mozambique a déjà évacué par bus 545 personnes et se tient prêt à en rapatrier davantage. Le gouvernement malawite a annoncé cette semaine qu’il aiderait également ses ressortissants à quitter l'Afrique du Sud. Et la semaine dernière, le Ghana a affrété un vol pour rapatrier 297 Ghanéens. » 
    Mieux réguler l’immigration…
    Enfin, The Star, autre quotidien sud-africain, met en avant cette contradiction : « L'Afrique du Sud veut s’ouvrir aux marchés africains tout en refoulant les migrants africains. (…) Des secteurs entiers de l’économie informelle dépendent du travail transfrontalier, tout en feignant publiquement d’ignorer cette dépendance : agriculture, construction, travail domestique, hôtellerie. Ces secteurs ne pourraient fonctionner à leur échelle actuelle sans travailleurs étrangers. »
    Et le Star de hausser le ton : « Un État incapable de gérer les entrées et les sorties du territoire n’exerce pas sa souveraineté. L’Afrique du Sud a besoin d’une administration de l’immigration fonctionnelle, d’une application crédible de la loi et d’une réglementation du marché du travail efficace. »
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    À la Une, la lutte contre Ebola: prévention, protection et financement…

    02/06/2026
    Près de 250 morts et plus de 1100 cas recensés : le virus Ebola est toujours actif dans l’est de la RDC. Il n’y a pour l’instant ni vaccin ni traitement miracle mais parfois la maladie recule… Ca été le cas récemment à Bunia. « Au Centre médical évangélique, relate Le Journal de Kinshasa, l’air était plus léger dimanche. Plus chaud. Presque électrique. Devant une petite assemblée de journalistes venus en silence, quatre hommes et une femme s’avancent, sourire aux lèvres, regard fier. Ils ne sont plus des malades. Ils sont des survivants. Quatre nouveaux patients soignés pour Ebola viennent d’être déclarés guéris. Un cinquième l’avait été un peu plus tôt. En tout, se félicite le site congolais, cinq vies arrachées à la maladie, là où l’ombre du virus plane encore. Tous partagent un même destin : ils sont infirmiers. Et tous ont été contaminés… en sauvant des vies. Le docteur Calvin Ambitapio, directeur médical du CME, ne cache pas son émotion. Devant les micros, il livre un témoignage rare, presque inattendu : "nous sommes très contents de voir qu’une maladie qui n’a ni traitement propre, ni vaccin pour le moment, peut être vaincue par un traitement symptomatique". Alors, s’interroge Le Journal de Kinshasa, quel est ce protocole qui redonne espoir ? Une approche simple, mais rigoureuse : prise en charge du paludisme, antibiothérapie adaptée, surveillance quotidienne, prélèvements répétés. Pas de molécule miracle. Du soin. De l’attention. De l’acharnement thérapeutique. Résultat : après plusieurs jours d’observation, les tests sont tombés. Un par un. Négatifs ».
    Convaincre les populations
    Pour Afrik.com, « ces guérisons dépassent le seul cadre médical. La riposte contre Ebola se joue aussi dans la capacité à convaincre les populations que le soin peut sauver. Ces infirmiers rétablis à Bunia sont désormais la preuve vivante qu’un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée peuvent augmenter considérablement les chances de survie. Leur guérison contredit l’idée, encore présente dans certaines localités touchées, selon laquelle l’entrée dans un centre de traitement équivaut à une condamnation. Dans cette bataille, la confiance devient donc un outil à part entière, relève encore Afrik.com. Sans adhésion des habitants, les protocoles médicaux les plus solides peuvent se heurter à la peur, aux soupçons et aux refus de prise en charge ».
    Pour sa part, le gouvernement congolais « affiche un optimisme prudent », relève La Tempête des Tropiques. « Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba Mulamba, a estimé que la maladie pourrait être maîtrisée dans un délai de quatre à six mois grâce au renforcement de la riposte, à l’engagement communautaire et au soutien des partenaires internationaux ».
    La baisse des aides : une faute morale…
    Reste que « l’est de la RDC n’a pas seulement besoin d’interventions d’urgence, mais d’un engagement durable » : c’est ce qu’affirme dans une tribune publiée par Le Monde Afrique le médecin épidémiologiste humanitaire Didier Cannet. « Dans de nombreuses zones de l’Est congolais, l’État ne parvient plus à assurer ses fonctions essentielles, dit-il : sécurité, santé, éducation, infrastructures et protection des civils. Les systèmes de santé survivent grâce aux ONG internationales et aux financements extérieurs. Depuis plusieurs mois, la réduction de l’aide publique au développement et la baisse de certains financements américains, notamment par le biais de l’Usaid, l’Agence américaine pour le développement international, fragilisent encore davantage un système déjà au bord de la rupture. Cette situation constitue non seulement une faute morale, s’exclame le docteur Didier Cannet, mais aussi une erreur stratégique majeure, car les épidémies qui émergent dans l’est de la RDC ne resteront pas confinées indéfiniment dans les camps de déplacés de Goma ou dans les territoires isolés de l’Ituri ».
    Mauvais calcul…
    En effet, renchérit Jeune Afrique, en démantelant l’Usaid, l’administration Trump a fait un « mauvais calcul. (…) La prochaine pandémie coûtera probablement beaucoup plus cher que les milliards économisés aujourd’hui sur l’aide internationale. L’épidémie d’Ebola en RDC en donne déjà un aperçu ».
    Alors, certes, poursuit le site panafricain, « l’Afrique ne peut éternellement dépendre de Washington, de Bruxelles ou de Genève pour financer sa sécurité sanitaire. Elle doit encore bâtir des systèmes de santé plus solides, mieux financés et capables de répondre rapidement aux éventuelles menaces. Or, on en est loin. Mais prétendre que cette transition peut se faire alors que les financements internationaux ont été coupés net, c’est comme démonter des digues en arguant que la tempête n’a pas encore éclaté ».
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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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