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Le grand invité Afrique

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  • Le grand invité Afrique

    Terrorisme en Afrique: «Il faut accroître encore plus la surveillance» en ligne

    27/02/2026
    Alors que les chefs d'état-major des pays membres de la Cédéao doivent achever leur sommet vendredi 27 février à Freetown, en Sierra Leone, qu'en est-il de la lutte antiterroriste sur Internet ? Le recrutement de combattants se fait aussi en ligne, tout comme une bonne partie des activités criminelles, et l’intelligence artificielle, qui continue de se développer, apporte aussi son lot de difficultés pour les services de sécurité du continent. Comment les États africains se préparent-ils à cette lutte numérique ? Notre grand invité Afrique est l'Ivoirien Franck Kié, expert en cybersécurité et commissaire général du salon Cyber Africa Forum. Il répond aux questions de Sidy Yansané.
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    Madagascar «recentre sa diplomatie sur les besoins des Malgaches, en rupture» avec «l'ancien régime»

    26/02/2026
    Le président de la refondation de Madagascar a quitté Paris mercredi 25 février soir. Le colonel Michaël Randrianirina a rencontré Emmanuel Macron, à l'Élysée. Auparavant, il était reçu avec les honneurs par Vladimir Poutine à Moscou. Depuis la chute de l'ex-président Andry Rajoelina en octobre dernier, le commandant du Corps d'armée des personnels et des services administratifs et techniques montre des signes de rapprochement avec la Russie, mais sa visite parisienne dans la foulée montre que Madagascar ne veut pas rompre avec son partenaire historique. La politologue Christiane Rafidinarivo est chercheuse associée au Centre de recherches politiques de Sciences Po. Elle est la Grande invitée Afrique de Sidy Yansané. 
     
    RFI :  Le président de la Refondation, Michaël Randrianirina, achève une tournée qui l’a successivement mené à Moscou, où il a rencontré Vladimir Poutine, puis à Paris aux côtés d'Emmanuel Macron. « Grand écart diplomatique, numéro d'équilibriste », disent déjà les commentaires… Vous partagez cette analyse ? 
    Christiane Rafidinarivo : Le président de la Refondation de la République de Madagascar a toujours affirmé qu'il voulait mener une ligne diplomatique qui ne discrimine personne, qui ne cherche pas à rejeter d'emblée, par idéologie ou tout autre considération, un partenaire potentiel qui peut apporter quelque chose pour satisfaire les besoins de la population malgache, que l'on sait être dans une situation difficile.
    Il est vrai que Madagascar a toujours entretenu une relation privilégiée avec la France, mais la Russie est aussi un vieux partenaire. Finalement, voyez-vous vraiment une rupture dans la nouvelle diplomatie malgache ?
    En termes de partenariat, non, car la France est un partenaire de toujours. Et la Russie est un partenaire très ancien. Il me semble que Madagascar s’apprête à commémorer 55 ans de relation avec la Russie. Mais ce qui peut être qualifié de rupture, c'est ce recentrement de la diplomatie malgache sur les besoins immédiats des Malgaches. La vraie nouveauté est internationale, c’est le nouveau contexte géopolitique. Et c'est sans doute là que l'on peut mieux comprendre pourquoi on parle de renouvellement de partenariat. D'un côté, Madagascar affirme de nouvelles priorités tournées vers sa population, et d'un autre côté, tout cela se fait dans un contexte géopolitique qui a considérablement changé ces cinq dernières années justement.
    De son côté, la Gen Z, la société civile qui a principalement contribué à renverser l'ancien président Andry Rajoelina, dénonce une mise en scène diplomatique pour décrire la rencontre entre les présidents français et malgache à l'Elysée. Cette Gen Z, qui s'estime mise de côté, ne lui a-t-on pas volé sa révolution finalement, comme cela s'est vu dans d'autres pays d'Afrique où les militaires ont pris le pouvoir ? 
    Ce que je constate et que j'observe en tant que chercheuse, c'est que la Gen Z est en dialogue avec le ministère chargé de la Refondation, qui est un ministère d'Etat, et même avec le président de la Refondation lui-même. Certains éléments très connus de la Gen Z sont dans les cabinets ministériels et la Gen Z continue effectivement à avoir une participation politique très intéressante dans l'espace public, de façon à avoir une forme de politisation qui puisse lui permettre de participer à la concertation nationale qui est en cours, certes, mais également au débat public de façon constructive. Et c'est ce qu'elle fait. Ce qui est très nouveau, c'est la liberté d'expression, d'opinion, de manifestation. Il y a un renouveau de la participation démocratique à Madagascar. Pour la première fois de son histoire, et si cela se concrétise, la Grande Île aura une constitution qui n'aura pas été parachutée par des experts extérieurs et avec une poignée de Malgaches. Est-ce une vraie coopération ou un rapport de force masqué ? Auquel cas, il y aurait une forme de démocratie de façade.
    Le moratoire sur les permis miniers a été levé. Désormais, excepté pour l'or, les entreprises extractives ont le droit d'exploiter les richesses minières malgaches. Que dire de cette nouvelle politique industrielle et minière ? Constatez-vous de nouveaux partenaires ou des partenaires anciens signer des contrats ?
    Ce que les autorités disent souhaiter, c'est l'ouverture à la concurrence, et surtout que ce soit un marché ouvert aux Malgaches mêmes, chose rare auparavant. L’or a été mis de côté car le président de la Refondation a expliqué, au retour de ses voyages aux Émirats arabes unis notamment, qu'il souhaitait organiser un comptoir de l'or avec une régulation beaucoup plus institutionnalisée du secteur, qu’il ne soit pas un secteur réservé aux grands acteurs en oligarchie, et surtout préempté par les trafiquants. Quand on sait que la Banque centrale malgache a très peu de réserves d'or dans ses coffres, on comprend à quel point ce pays a été pillé.
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    Côte d’Ivoire: «La situation actuelle ne laisse pas beaucoup de choix sur les prix au Conseil café-cacao»

    25/02/2026
    Le Salon international de l'Agriculture a ouvert ses portes le week-end dernier, 21 et 22 février, à Paris. Pour cette 62e édition, c'est la Côte d'Ivoire qui est l'invitée d'honneur. Premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, le pays des éléphants est l'une des puissances agricoles d'Afrique de l'Ouest. Notamment en pourvoyant pour 40% de la production mondiale de cacao. Mais, depuis l'an dernier, les cours de l'or brun sont en chute libre. Conséquence : des milliers de tonnes d'invendus restent sur les bras des planteurs. La Côte d'Ivoire va-t-elle être obligée de vendre son cacao moins cher ? Pour en parler, le nouveau ministre ivoirien de l'Agriculture est ce matin notre Grand Invité Afrique. Bruno Nabagné Koné répond aux questions de Sidy Yansané.
    RFI : La Côte d'Ivoire est l'invitée d'honneur du Salon de l'agriculture de Paris cette année. Quels sont les principaux atouts de la production ivoirienne que vous comptez mettre en avant durant cet événement international ?
    Bruno Nabagné Koné : Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, le premier producteur africain d'hévéa et dans le top 5 des pays africains producteurs de palmiers à huile, de coton, de karité, etc. Nous participons au Salon de l'agriculture depuis une trentaine d'années. Et cette année, nous avons eu le privilège d'avoir été désignés invités d'honneur. Nous sommes heureux de le représenter avec ce titre.
    Il y a une filière où vous n'êtes pas encore leader, mais qui a connu un véritable bond, c'est la filière avicole, la production de viande de volailles, qui a plus que quadruplé en une décennie. Une taxe sur les intrants de 9% vient d'être instaurée par les autorités ivoiriennes. Ne craignez-vous pas un ralentissement de cette filière en plein boom ?
    Il n'est pas anormal que la Côte d'Ivoire élargisse son assiette fiscale. Il faut savoir qu'aujourd'hui, nous sommes l'un des pays qui a le plus faible taux de fiscalisation dans la sous-région. Là où les instances de l'UEMOA recommandent entre 18 et 20 %, la Côte d'Ivoire est à 12-13 %. Il y a quelques années, nous étions encore très fortement importateurs de poulets et de volailles. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, la Côte d'Ivoire est totalement autosuffisante.
    Revenons sur la crise du cacao que traversent actuellement les planteurs ivoiriens. Les cours des prix à l'international ont drastiquement chuté, de nombreux producteurs peinent à trouver preneur. L'État ivoirien s'est engagé à racheter les stocks des invendus. Tout d'abord, où en est-on de l'acquisition par l'État ivoirien de ces stocks invendus ?
    Les enlèvements de fèves se font. 64 000 tonnes ont déjà effectivement été levées, il y a une quarantaine de milliers de tonnes en cours d'enlèvement, en collaboration d'ailleurs avec les organisations du secteur.
    Une initiative qui va soulager les planteurs. Mais du coup, comment l'État compte revendre ces stocks ?
    Ce sera le problème de l'État. Nous essayons de traiter cette équation avec deux grosses inconnues : équilibrer les finances du Conseil Café Cacao en faisant en sorte que les revenus des producteurs ne soient pas trop obérés.
    Selon votre prédécesseur, cette acquisition s'élèvera à 430 millions d'euros quand même...
    Peu importe la somme, le soutien de l'État a été assuré aux planteurs. Et il faut savoir que nous sommes dans un système de stabilisation. Une partie des ressources a été acquise au cours des bonnes années et reste toujours disponible dans les réserves du Conseil Café Cacao. Cela servira partiellement à traiter la question.
    M. le ministre, la semaine dernière, l'agence de presse Reuters annonçait que « la Côte d'Ivoire envisage de suivre l'exemple du Ghana en baissant le prix de son cacao ». Vous confirmez ?
    Des annonces seront faites par la Côte d'Ivoire dans les prochains jours. Mais je pense que tout esprit rationnel comprend que, dans la situation actuelle, le Conseil Café Cacao n'a pas beaucoup de choix devant lui.
    Des informations, des détails concernant cette baisse éventuelle ? Un pourcentage ? À quel moment arriverait-elle ?
    Une annonce sera faite dans les prochains jours par le Conseil Café Cacao.
    Pour la petite campagne ou pour la campagne principale de l'année prochaine ?
    La campagne de l'année prochaine va s'ouvrir le moment venu. Là, il s'agit de prendre une décision sur deux choses : le stock résiduel éventuellement de la campagne principale passée et le stock de la campagne intermédiaire.
    Le prix à 2 800 francs CFA le kilo de cacao est effectivement un prix record fixé par l'État ivoirien. À cela, on peut ajouter aussi le différentiel de revenu décent, qui est une sorte de prime minimale de 400 dollars sur la tonne de fèves attribuée aux planteurs. Le cacao ivoirien n'est-il pas trop cher finalement ?
    On ne peut pas parier sur l'avenir de ce secteur en sacrifiant ceux qui en sont à la base. Allez voir les planteurs ivoiriens, voyez dans quelles conditions ils vivent...
    Très précaires...
    Voilà ! Et vous allez comprendre qu'il y a quand même besoin de les soutenir d'une certaine façon. Et c'est pour ça que ce DRD a été décidé conjointement par le Ghana et la Côte d'Ivoire pour assurer ce minimum de revenu à nos paysans. Non, ça ne rend pas le cacao plus cher, tout simplement parce que le cacao ne représente que 6% du produit final que vous consommez ici en France, par exemple. Si ce produit final est dit cher, ce n'est certainement pas à cause de la matière première qui est le cacao.
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    Dialogue national en RDC: «Le pouvoir doit avant tout décrisper l'espace politique»

    24/02/2026
    Ancien secrétaire général de l’UDPS, le parti présidentiel, ancien vice-président de l’Assemblée nationale et longtemps considéré comme l’un des plus proches collaborateurs de Félix Tshisekedi, Jean-Marc Kabund a progressivement basculé dans l’opposition. En février 2022, après des propos virulents contre le chef de l’État, il tombe en disgrâce et radicalise son discours à l’encontre du pouvoir. Arrêté en août 2022, il est condamné en septembre 2023 par la Cour de cassation à sept ans de servitude pénale. L’ancien chef du parti présidentiel a quitté, vendredi 21 février 2025 dans la soirée, la prison centrale de Makala. Aujourd’hui figure de l’opposition congolaise, il plaide pour l’organisation d’un dialogue inclusif. Grand invité Afrique de RFI aujourd'hui, il est interrogé par Patient Ligodi. 
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    Soudan: le gouverneur du Darfour, Minni Arko Minnawi, plaide pour la fin de la guerre et dénonce les interventions étrangères

    23/02/2026
    Minni Arko Minnawi, le gouverneur du Darfour au Soudan et chef du mouvement de libération du Soudan, faction Minnawi, est le grand invité Afrique de RFI. De passage à Paris, il revient dans cet entretien sur les derniers développements de la crise au Soudan, des interventions étrangères, des possibilités de retrouver la paix. Minni Arcou Minnawi invite les Émirats arabes unis à entrer en dialogue direct avec les autorités soudanaises.
    RFI : Quand la guerre prendra-t-elle fin ?
    Minni Arko Minnawi : J’aimerais qu’elle se termine aujourd’hui, mais cela ne peut pas se faire sans certaines mesures.
    Quelles sont ces mesures ?
    En réalité, de nombreux facteurs ont contribué à cette guerre, notamment le facteur extérieur, à savoir, les Émirats arabes unis, qui doivent se retirer du conflit, qu’ils cessent de gérer la guerre. Quant au facteur interne, il nous serait alors beaucoup plus facile de nous asseoir ensemble et de mettre fin à la guerre.
    Les autorités soudanaises ont, à plusieurs reprises, exprimé des réserves quant à la présence des Émirats arabes unis parmi les membres du Quartet composé également des États-Unis, de l’Égypte et de l’Arabie saoudite. Rejetez-vous leur présence au sein du Quartet ?
    Oui, nous rejetons leur présence au sein du Quartet, car les Émirats arabes unis sont censés jouer un rôle de médiation, de facilitateur. Or, ils sont eux-mêmes partie prenante au conflit ; comment peuvent-ils donc être à la fois juge et partie ?
    L'armée soudanaise a fréquemment accusé des pays voisins de collaborer avec les Émirats arabes unis pour acheminer du matériel militaire au Soudan destiné aux Forces de soutien rapide. Pouvez-vous identifier ces pays ?
    C’est assez clair, surtout en ce qui concerne des responsables en Libye, à l’est du pays, à Benghazi, plus précisément qui est sous contrôle émirien. Il y a le Tchad. Ce sont des pays que les Émirats instrumentalisent pour faire avancer leur projet de démantèlement du Soudan. Et malheureusement, ce projet de fractionnement s’étendra à l’Afrique.
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    Vous avez mentionné le Tchad parmi les pays impliqués dans l'envoi d'aide militaire aux FSR, mais il existe des divisions au Tchad à ce sujet, même au sein du palais présidentiel...
    La majorité du peuple tchadien, et pas seulement les proches du président Déby, s'oppose au financement de la guerre pour servir les intérêts des Émirats arabes unis et des Forces de soutien rapide, pour déstabiliser et démanteler le Soudan. Le Darfour est en quelque sorte, une extension du Tchad, socialement parlant, et le Tchad est l’extension du Darfour... Par conséquent, la majorité de la population tchadienne, notamment les proches du président, se considère comme faisant partie d'une même communauté élargie, s'étendant jusqu'à Khartoum. De ce fait, ils rejettent tous la politique de Mahamat Idriss Déby, politique qui a conduit à la destruction de villes entières, ainsi qu'à des massacres, des combats urbains, un génocide et un nettoyage ethnique. Je crois vraiment que la majorité du peuple tchadien rejette cette politique.
    Quel intérêt a le président tchadien à s’impliquer dans cette guerre ?
    Nous ignorons quel serait son intérêt, mais peut-être qu’il s’y est impliqué par manque d'expérience.
    Vous avez récemment accusé l’Éthiopie de s’ingérer également dans la guerre au Soudan ?
    Bien entendu, ces faits sont corroborés par d'autres sources, par d'autres pays, y compris des pays dotés de technologies et de capacités avancées ; il ne s'agit pas d'une accusation soudanaise. Toutefois, il est clair que de multiples attaques ont été perpétrées depuis l'Éthiopie par les milices des Forces de soutien rapide, ainsi que par le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord, de Abdelaziz el Hilu, allié aux Forces de soutien rapide.
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    La prolongation de la durée de la guerre, bientôt trois ans, ne vous fait-elle pas craindre la division réelle du pays, qu’un État séparé ne soit annoncé au Darfour ?
    Bien sûr, les forces étrangères qui ont déclenché cette guerre et qui continuent à l'alimenter cherchaient à s'emparer de tout le Soudan. N'ayant pas atteint leurs objectifs, elles ont eu recours à la partition du pays, ou du moins, elles cherchent à conserver le Darfour et certaines régions du Kordofan. Mais cela est inacceptable pour le peuple soudanais. L'ensemble de la population soudanaise est aujourd'hui mobilisé, aux côtés des forces armées, des forces conjointes et d'autres encore. Tous sont sur le terrain pour rejeter ce projet, et c'est pourquoi il ne réussira pas.
    Appelez-vous les Émirats à un dialogue direct avec les autorités soudanaises ?
    Voilà ce qui est nécessaire : nous exigeons depuis longtemps que le rôle des Émirats arabes unis se limite à un dialogue bilatéral entre le Soudan et les Émirats, afin de discuter de réconciliation et d’un retour à des relations normales entre les deux pays. Notamment en matière d'échange de bénéfices et de partage de ressources. Nous refusons son ingérence, son soutien aux milices et aux crimes majeurs commis par les milices des Forces de soutien rapide, tels que le génocide et les crimes de guerre. Tout cela avec le soutien des Émirats arabes unis.
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    Mais que cherchent les Émirats en entrant avec force dans cette guerre ? Les richesses du pays ?
    Je ne sais pas. Si la richesse est ce qu’ils cherchent, ils ne l’auront que par le dialogue bilatéral. Il est parfaitement naturel que nous échangions des ressources. La richesse devrait être partagée par les voies officielles : le commerce, les avantages mutuels, les investissements bilatéraux, etc.  Il n'y a aucune raison pour qu'ils s’impliquent, pour que de tels crimes soient commis, et pour qu’ils se salissent les mains de sang. Nous ignorons les raisons de tout cela.
    Masaad Boulos, le conseiller américain pour l’Afrique mène des efforts pour mettre fin à la guerre, comment voyez-vous le rôle américain dans cette crise ?
    Le rôle américain est primordial. Il doit être officiel. Masaad Boulos a rencontré des responsables soudanais à plusieurs reprises, mais hors du Soudan. Nous espérons que tout plan proposé sera acceptable pour le gouvernement et le peuple soudanais, qui souffre actuellement des Forces de soutien rapide et de l'ingérence internationale.
    Le pouvoir soudanais acceptera-t-il un plan de paix comme celui proposé pour l’est de la RDC, en partageant les richesses du Soudan avec les États-Unis ?
    J'ignore quelle proposition sera présentée. Je préfère donc ne pas traverser la rivière avant d'avoir atteint le pont.
    Quel point important souhaitiez-vous ajouter à cet entretien ?
    Les Forces de soutien rapide (FSR) sont un véritable fléau. Chaque ville qu'elles ont occupée est devenue désormais une ville fantôme, désertée par ses habitants. Les FSR sont une catastrophe humaine et doivent être identifiées pour ce qu'elles sont réellement : une milice, une organisation terroriste. Les FSR continuent de tuer des civils, se procurant les armes et les drones les plus sophistiqués fournis par les Émirats arabes unis, qu'elles utilisent pour tuer des civils et détruire des villes. Par conséquent, il est de la responsabilité du gouvernement et de l'armée de mettre fin à la guerre en reprenant et en sécurisant les zones encore sous leur contrôle, afin de protéger les citoyens soudanais.
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Du lundi au samedi, Christophe Boisbouvier reçoit un acteur de l'actualité africaine, chef d'État ou rebelle, footballeur ou avocate... Le grand invité Afrique, c'est parfois polémique, mais ce n'est jamais langue de bois.
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