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  • Le grand invité Afrique

    Soudan: «Les FSR multiplient les frappes sur les infrastructures d'El-Obeid pour terroriser»

    23/06/2026
    Au Soudan, il y a un risque imminent « d'atrocités de masse », à El-Obeid, affirme le département d'État américain dans un communiqué publié dans la soirée du 22 juin. El-Obeid, c'est la capitale de la région du Kordofan du Nord. Elle est assiégée par les rebelles des Forces de soutien rapide, les FSR. Et la grande crainte du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, c'est que « les horreurs d'El-Facher, en octobre dernier, se répètent à El-Obeid ». Que faut-il redouter précisément ? Roland Marchal est chercheur à Sciences Po Paris et au CERI. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier. 
    RFI : l'ONU affirme qu'une concentration récente de troupes de la rébellion des Forces de Soutien Rapide laisse craindre une offensive imminente sur El-Obeid. Est-ce que vous avez les mêmes informations ?
    Roland Marchal : Oui, on le sait effectivement. Les observateurs soudanais, depuis pratiquement une semaine, mentionnent l 'arrivée au nord d’El-Obeid de troupes qui viennent soit de la frontière libyenne, soit du Darfour et qui constituent aujourd'hui une masse, disons, combattante, pour attaquer la capitale du Kordofan du Nord.
    Et pourquoi visent-ils cette ville de quelque un million d'habitants de El Obeid ? 
    Parce qu'El-Obeid est la capitale historique du Kordofan, avant de devenir celle du Kordofan du Nord, et surtout le dernier grand verrou stratégique qui ouvrirait la route vers Khartoum, mais aussi vers la province du Nil Blanc, donc plus au sud de la capitale soudanaise, ce qui permettrait aux Forces de Soutien Rapide, si elles réussissaient, de reprendre pied dans les régions agricoles les plus riches du pays et peut être, à terme, de faire la jonction avec les troupes qui se battent dans la province du Nil Bleu. Ce qui, évidemment, constituerait une défaite stratégique importante pour les forces armées régulières et le gouvernement qui, aujourd'hui, est à Khartoum.
    Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, déclare : « Nous ne devons pas permettre que les horreurs d'El-Fasher se répètent à El-Obeid » ?
    Alors, compte tenu de l'histoire de cette guerre, on peut évidemment craindre beaucoup. Cependant, un analyste doit quand même rappeler que la perception d’El-Obeid par les Forces de Soutien Rapide est quand même très différente de celle d'El-Fasher. El-Fasher était la capitale du groupe Zaghawa, qui a fourni l'essentiel des combattants aux forces conjointes alliées, des forces régulières qui se sont battues avec détermination dans tout le Darfour contre les Forces de Soutien Rapide, et qui se battent aujourd'hui également au Kordofan, et qui constituent sans doute l'un des alliés militaires les plus importants des forces armées régulières. Donc, l'identification d'El-Fasher comme la capitale de nos ennemis les plus jurés ne fonctionne pas pour El-Obeid. On peut imaginer, mais en étant optimiste ou très optimiste même, que du coup, les violences contre les populations civiles ne seront pas de la même intensité. Ceci dit, depuis ces dernières semaines, on voit les Forces de Soutien Rapide multiplier les frappes sur des infrastructures d'El-Obeid, des infrastructures civiles qui visiblement visent à terroriser la population et à l'inciter à fuir la capitale du Kordofan du Nord pour rejoindre Khartoum ou quelque autre endroit, de façon à ce qu'El-Obeid soit plus facile à prendre.
    En février dernier, une mission d'enquête de l'ONU a fait état d'actes de génocide commis en octobre dernier par les Forces de Soutien Rapide à El-Fasher. Est ce que cette accusation très grave peut dissuader le général Hemedti de commettre de nouvelles atrocités ?
    Écoutez, je ne crois pas que les atrocités qui ont été commises à El-Fasher, et autour d’El-Fasher, étaient au sens plein ordonnées par le général Hemedti. Lui a des ambitions politiques nationales dont on peut penser ce qu'on veut par ailleurs, mais il sait très bien que la communauté internationale intègre tout à fait ces violences dans son passif et que ces actes de génocide constitueront demain une difficulté très grande dans son approche de la communauté internationale. Donc, lui, certainement a été plus prudent, plus réservé. Le problème, c'est évidemment sa capacité de contrôler ses propres troupes, alors qu'à El-Fasher, c'était vraiment une vengeance historique contre le groupe Zaghawa.
    Vendredi dernier, l'envoyé spécial d'Antonio Guterres au Soudan a appelé au téléphone le général Hemedti pour lui demander d'éviter toute action qui pourrait aggraver la situation humanitaire. Est-ce que vous savez ce qu'a répondu le chef des Forces de Soutien Rapide ?
    Le général Hemedti a été, comme il sait l'être, quelqu'un de très responsable, à l'écoute des demandes de la communauté internationale. Il a évidemment souscrit à toutes ses demandes. Il a annoncé que ses troupes organiseraient et autoriseraient la sortie des civils de la capitale du Kordofan du Nord. Et que ces civils seraient protégés, qu'il n'y aurait pas de violence systématique contre ceux-ci. Mais si vous voulez, encore une fois, depuis le début de la guerre, le général Hemedti a multiplié les assurances sur le bon comportement de ses troupes. Et sauf à penser qu'il est un menteur irréductible, on peut imaginer qu'il a été, à certains moments, de bonne foi et qu'il a été trompé par ses propres troupes.
    Samedi dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé, je cite, « tous les membres de l'ONU à s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures du Soudan ». Mais donc, les alliés des Émirats arabes unis que sont les Américains et les Français n'arrivent pas à être entendus par les Emiratis ?
    Je crois qu'ils sont entendus. Mais les Emiratis ont la volonté, en tous les cas, de changer sans doute la nature du pouvoir aujourd'hui au Soudan, ce qui les rend extrêmement réticents.
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    Niger: «L'armée nigérienne est bel et bien capable d'assurer la sécurité de l'État»

    22/06/2026
    Au Niger, c'est la deuxième fois de l'année que l'aéroport international de Niamey est visé par un groupe jihadiste. La dernière attaque s'est produite jeudi dernier, et a fait treize victimes selon les autorités : onze militaires et deux civils. Mais cette fois-ci, apparemment, la junte au pouvoir au Niger n'a pas eu besoin de l'aide des Russes pour repousser l'assaut des terroristes. Alors peut-on parler d'un succès ou d'un échec pour les miliaires au pouvoir à Niamey ? Le chercheur nigérien Brimaka Abdoul Azizou Garba enseigne à l'Institut de sciences politiques de Louvain-Europe, en Belgique. Il a été aussi conseiller spécial du président Mohamed Bazoum. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.
    RFI : En janvier, les terroristes avaient attaqué l'aéroport de Niamey avec des motos. Cette fois-ci, ils ont essayé de s'y introduire par la ruse en se faisant passer pour des passagers. Pourquoi ce changement de stratégie ?
    Brimaka Abdoul Azizou Garba : Effectivement, lors de la première attaque, ils seraient arrivés à moto et pour cette deuxième, les informations, en tout cas, font état de l'usage de véhicules, notamment de taxis et de minibus. Donc, ce qui complique la détection et la prévention. C'est vrai qu’après la première attaque, des mesures avaient pourtant été prises pour renforcer la sécurité à l'intérieur et aux abords de l'aéroport. Mais, apparemment, cela n'a pas dissuadé les terroristes qui ont peut-être pu infiltrer la capitale pour mieux observer et tester les dispositifs et exploiter les moindres failles.
    Depuis quelques semaines, le régime militaire nigérien est en train de détruire un certain nombre de quartiers autour de l'aéroport pour mieux protéger celui-ci. Est-ce pour cela que les assaillants du 18 juin ont tenté de rentrer par la ruse en se déguisant en simple passagers ?
    Sûrement, parce qu’on a vu que ces mesures ont tendance à un peu dégager, décongestionner l'aéroport, en déguerpissant le quartier mitoyen. Et je pense que tout cela est observé de l'intérieur. Donc, c'est pour cela que je parle d'infiltration. Et ça, c'est typique des conflits asymétriques où l’on utilise l'effet de surprise.
    En janvier, l'attaque avait été revendiquée par l’EIS, l'État islamique au Sahara. Cette fois-ci, elle est revendiquée par le Jnim. Y a-t-il une coordination ou une compétition entre ces deux groupes terroristes ?
    Je ne pense pas que ce soit une coordination ou une compétition. Ce qui est sûr, c’est que les deux attaques à l'aéroport, c'est à cause des drones qui s'y trouvent et que les terroristes n'arrivent pas à se mouvoir comme ils veulent à cause de ces drones militaires. Je pense que l'objectif, c'est de tout faire pour détruire ces vecteurs aériens. Je dirais plutôt qu'il faut peut-être explorer un rapprochement entre l’Iswap [État islamique en Afrique de l'Ouest, NDLR] et le Jnim [lié à al-Qaïda, NDLR]. Je pense que, s'il y a coordination, peut-être c'est à ce niveau entre le Jnim et l’Iswap, du côté du bassin du lac Tchad, mais pas au niveau de l’EIS, l’État islamique au Sahara.
    Et est-ce que le Jnim et l’EIS, l’État islamique au Sahara, ont des ambitions politiques semblables ou différentes ?
    Je crois que, dans un premier temps, leur objectif, c'est d'affaiblir le Niger parce que c'est le pays quand même le plus solide des trois, où ils n'arrivent pas à prendre, à contrôler un espace. Et l'objectif, a priori, c'est de chercher à affaiblir l'État du Niger sur le plan militaire pour pouvoir s'en prendre facilement aux deux autres.
    C'est-à-dire qu'au Niger, les jihadistes n'arrivent pas à se tailler un fief comme au Mali ou comme au Burkina Faso ?
    Oui, les jihadistes n'arrivent pas à le faire parce que le Niger a vécu quand même 12 ans de stabilité politique, 12 ans de sécurité et de développement. Et je pense que le Niger a eu beaucoup d'acquis, y compris sur le plan militaire. Et ça, ça a fait que le Niger s'est largement démarqué des deux autres [pays membres de l’Alliance des États du Sahel, NDLR]. Et ça ne serait pas du tout facile pour les terroristes de pouvoir contrôler un espace au Niger, comme ils l'ont fait au Burkina Faso et au Mali.
    La résistance farouche des militaires nigériens le 18 juin, est-ce le signe que la junte commence à s'organiser face aux attaques terroristes, ou est-ce à votre avis un acte de désespoir sans lendemain ?
    Je connais bien nos militaires, je sais que ce sont des militaires qui sont braves. Il suffit de mettre les bonnes personnes à la bonne place pour qu'on puisse voir la différence. On a de très bons militaires, on a de très bons chefs militaires qui sont capables de bien planifier et de bien mener la résistance. Je crois que, dans les mesures que l'état-major a pu prendre, il y a sûrement eu des changements au niveau du dispositif et au niveau de la planification, et c'est ce qui a peut-être donné ce résultat.
    Au final, cette attaque terroriste repoussée devant l'aéroport ce jeudi 18, est-ce un échec ou un succès pour l'armée du Niger ?
    Moi, je pense que c'est un succès parce que, lors de la première attaque, on a vu que ce sont les Russes qui sont sortis pour dire : « Bon, on a sauvé le site, sans nous, ils allaient prendre votre aéroport. » Et le général Tiani [qui dirige le Niger depuis juillet 2023, NDLR] l’a dit lui-même dans le discours qu'il a fait : il a remercié les partenaires russes. Et je pense que, cette fois-ci, la riposte est venue des soldats nigériens et ils ont tout le mérite. Et ça montre une fois de plus que l'armée nigérienne est bel et bien capable d'assurer la sécurité de l'État.
    À lire aussiNiger: le Jnim revendique l'attaque de l'aéroport de Niamey qui a tué au moins 11 soldats et deux civils
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    Christ Kisendo, directeur de Kongo Music Expo: «Les musiciens sont des leaders d'opinion»

    20/06/2026
    Dans la capitale de la RDC Kinshasa se déroule depuis mercredi 17 juin et jusqu’à ce samedi 20 juin, le Kongo Music Expo. C’est la deuxième édition de cet événement qui réunit des artistes de la sous-région et des professionnels de la musique. Dans un monde qui se referme, ce festival vise à faire connaître des musiciens, à leur donner des clefs pour diffuser leurs musiques et pour en vivre. Le directeur du Kongo Music Expo, Christ Kisendo, répond aux questions de RFI.
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    Mondial 2026: les restrictions de visas aux supporters africains sont «regrettables»

    19/06/2026
    Les restrictions de visas pour les supporters de football ivoiriens et africains qui veulent aller aux États-Unis sont « regrettables », a déclaré Mamadou Touré, le ministre porte-parole adjoint du gouvernement de Côte d'Ivoire sur RFI. Le ministre, qui est aussi en charge de la Promotion de la jeunesse, de l'Insertion professionnelle et du Service civique, s'exprime également sur le calendrier de la mise en place d'une nouvelle commission électorale, après la dissolution de la précédente le mois dernier.
    RFI : Vous êtes à Paris pour participer au salon Vivatech. Quelles sont les ambitions numériques de la Côte d'Ivoire ?
    Mamadou Touré : La Côte d'Ivoire entend être un hub numérique dans la sous-région ouest africaine. La Côte d'Ivoire compte se positionner au niveau africain, au niveau donc du numérique. D'ailleurs, Vivatech nous offre l'opportunité de mettre en évidence tous ces talents jeunes puisque nous avons avec nous à ce salon une trentaine de jeunes start-up PME qui viennent à la conquête du monde et qui apportent des solutions très concrètes dans différents domaines, que ce soit l'agriculture, le climat ou la Fintech.
    Il y a quelques jours, le ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, qui est vice Premier ministre, qui est aussi le frère du chef de l'Etat, a déclaré que la Côte d'Ivoire était prête à reprendre une coopération sécuritaire avec ses voisins du Sahel, notamment le Burkina Faso. Est-ce à dire que des opérations communes entre Ivoiriens et Burkinabés pourraient reprendre contre les groupes jihadistes ?
    La Côte d'Ivoire a toujours été dans cette posture. C'est ce que le vice Premier ministre a voulu rappeler. Rappelez-vous que, par le passé, nous avons eu d'excellentes relations avec ce pays dans le cadre de la coopération militaire et dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Malheureusement, ces relations se sont estompées, pas du fait de la Côte d'Ivoire. Et donc, ce que le vice Premier ministre exprime, c'est cette prédisposition permanente de la Côte d'Ivoire à œuvrer dans le sens d'un dialogue qui aurait pour effet de mutualiser les efforts en vue de traiter ce problème qui est un problème sérieux pour toute la sous-région.
    Le mois dernier, le gouvernement ivoirien a annoncé la dissolution de la CEI, la Commission électorale indépendante, qui est très décriée par l'opposition. À quoi ressemblera la nouvelle structure électorale ?
    Vous savez que, depuis plusieurs années, nous avons eu une commission électorale indépendante qui a été modifiée plusieurs fois et qui, en dépit donc de ces améliorations, n'a pas réussi à rassurer tous les acteurs en dépit de toutes les avancées obtenues. En dépit de cela, il y a une crise de confiance des acteurs. Tirant donc conséquence de cela, le gouvernement a décidé donc de dissoudre la commission électorale indépendante et va proposer une nouvelle architecture dans le but de mieux rassurer donc les différents acteurs.
    Alors pour cette nouvelle architecture, d'après certaines informations, le modèle sénégalais pourrait servir de base, à savoir une double structure où l'organisation matérielle des élections serait confiée à l'administration publique et le contrôle à une autorité indépendante composée de magistrats et de hauts fonctionnaires à la retraite ?
    Alors tout ce qui s'est dit aujourd'hui est de la spéculation et c'est normal. Mais il faut attendre quelques jours que le gouvernement propose officiellement l'ossature.
    Mais cette double structure, c'est une piste ?
    Écoutez, dans quelques jours, vous aurez l'architecture proposée par le gouvernement.
    Ce n'est pas impossible ?
    Attendez quelques jours.
    Les principaux partis d'opposition, notamment le PDCI, se félicitent de la disparition de la CEI, mais demandent une table ronde avec le pouvoir avant d'examiner une proposition à l'Assemblée nationale ?
    Écoutez, nous considérons que la Côte d'Ivoire n'est pas un Etat failli. La Côte d'Ivoire est un Etat avec des institutions depuis plusieurs années qui fonctionnent normalement. Et tout ce processus se fera donc dans le cadre normal du fonctionnement normal de l'Etat et de ses institutions. Pour le calendrier, donc, c'est le gouvernement qui l'annoncera. Mais quelle que soit la proposition du gouvernement, elle passera devant l'Assemblée nationale, elle sera discutée par les députés, l’opposition y est représentée. Donc dans le cadre du fonctionnement normal des institutions, la réforme se fera.
    Et quand est-ce que ça passera devant l'Assemblée nationale ?
    Mais il faut attendre déjà que la proposition soit adoptée par le gouvernement.
    En Conseil des ministres…
    Analysée en conseil de gouvernement et adoptée en Conseil des ministres, avant donc de passer à l'Assemblée nationale. Mais tout ce calendrier sera clairement défini et public au moment opportun.
    D'ici la fin du mois de juillet ?
    Je ne peux rien vous dire là-dessus.
    Mais pas de table ronde avant l'examen d'une proposition du gouvernement ?
    Je ne sais pas quelle sera la méthodologie choisie par le Premier ministre, qui est en charge d'initier la proposition au gouvernement et il revient au Premier ministre de définir l'approche. Mais ce que je dis, c'est que, quelle que soit l'architecture qui sera arrêtée, nous avons un pays qui fonctionne normalement, des institutions qui fonctionnent normalement, et différentes lois comme ça l'est pour des lois qui ont été déjà adoptées, donc, il y a un processus qui est défini, et je pense que ce processus sera respecté.
    Au Mondial de football, la Côte d'Ivoire a battu l'Équateur 1-0 lundi dernier. Félicitations ! Mais que pensez-vous du refus des Américains de laisser rentrer les supporteurs des Eléphants ?
    Il est clair que de milliers de supporters, qu'ils soient Ivoiriens ou Africains, auraient voulu partir aux Etats-Unis pour accompagner nos équipes africaines. Malheureusement, du fait des restrictions des visas, ces supporters ne peuvent pas y aller. Et on peut comprendre donc la douleur, la tristesse de ces supporters qui n'arrivent pas à y aller du fait donc de mesures administratives au niveau du gouvernement américain. Donc, on ne peut que regretter, cela est regrettable.
    Est-ce que cette politique de restriction des visas, vous la jugez discriminatoire à l'égard de certains pays ?
    Je ne ferai pas de commentaire.
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    Aérien africain: malgré la réouverture du détroit d'Ormuz, pas de retour à la normale attendu «avant fin 2026»

    18/06/2026
    Après plus de trois mois de flambée des prix, les billets d'avion vont-ils revenir à un coût raisonnable ? En Afrique, c'est l'espoir de beaucoup de voyageurs, au moment où l’on annonce la réouverture du détroit d'Ormuz. Mais attention, même si le détroit rouvre effectivement, le prix du baril de kérosène ne va pas baisser aussi vite qu'il est monté. Le Malien Abderrahmane Berthé, secrétaire général de l'Association des compagnies aériennes africaines (Afraa), le patron du ciel africain, explique pourquoi.
    RFI : Quel a été l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur le trafic aérien en Afrique ?
    Abderrahmane Berthé : L'impact a été une baisse du trafic parce que beaucoup de compagnies ont revu leurs capacités sur beaucoup de routes. En raison de la hausse de carburant, qui a été de 150 % entre le début de la crise et début avril 2026.
    Oui, parce qu'en Afrique, le carburant d'aviation vient pour 70 % de la région du détroit d'Ormuz, c'est ça ?
    Exactement 40 % du kérosène passe par le détroit d'Ormuz. Et effectivement pour l'Afrique, 70 % par le détroit d'Ormuz.
    Et le prix du baril de carburant d'aviation a augmenté de combien depuis six mois ?
    Le prix du baril a augmenté de 150 % depuis le début de la crise, ce qui représente pour les compagnies aériennes un manque à gagner.
    C'est-à-dire qu'elles ont dû augmenter le prix de leurs billets d'avion au risque de perdre des clients ?
    Oui, exactement. Elles ont dû appliquer ce qu'on appelle les surcharges carburant pour compenser la hausse des prix du carburant. Mais ce n'est que partiel puisqu'elles ne pouvaient pas mettre toute l'augmentation du prix du carburant sur les prix des billets, ce qui aurait eu un impact assez négatif sur la demande.
    Donc, elles ont perdu de l'argent ?
    Clairement, elles ont perdu de l'argent en raison de cette crise. Elles continuent encore de perdre de l'argent.
    Et est-ce qu'elles ont dû fermer des liaisons aériennes ?
    Oui, certaines compagnies ont dû fermer des lignes aériennes sur le court courrier, ou en tout cas limiter le nombre de fréquences sur certaines destinations pour faire face à la crise.
    Alors quand on parle des compagnies, on pense à quoi ? On pense à Royal Air Maroc, à Ethiopian Airlines, à Mauritius ?
    Oui, toutes ces compagnies sont membres de l’Afraa et toutes ont été impactées par la crise du carburant. Il y a l'impact du prix du carburant, mais il y a aussi la disponibilité même du carburant sur certaines escales. Donc il y a eu des risques de pénurie sur certaines escales comme Addis-Abeba ou Nairobi par exemple.
    Et est-ce que certaines grandes compagnies africaines ont été fragilisées par ces derniers mois de crise ?
    Oui, elles ont été fragilisées. Je dirais qu’au début, la crise a été « positive » pour certaines compagnies qui ont des hubs, puisqu’il y a eu un transfert de trafic entre l'Afrique et l'Asie ou l'Europe sur les hubs africains comme Addis-Abeba et Nairobi. Mais ça n'a duré que trois ou quatre semaines. Après, en fait, les compagnies du Golfe ont repris leurs vols et les compagnies qui ont un réseau purement africain ont été très impactées dès le début de la crise.
    Et est-ce qu'il y a aujourd'hui des grandes compagnies aériennes du continent qui risquent de tomber en faillite ?
    Non, je ne pense pas, parce que les compagnies africaines ont quand même prouvé leur résilience, quand on pense à la crise du Covid. Donc je pense que c'est un moment difficile pour elles, mais ça ne va pas aboutir à des fermetures de compagnies aériennes.
    Alors aujourd'hui, au moment où l'on annonce la réouverture du détroit d'Ormuz, est-ce que vous êtes rassuré ?
    Oui, c'est une très, très bonne nouvelle. Et on a vu que depuis l'annonce en fait du cessez-le-feu, le prix du pétrole a déjà baissé de 15 %. Ceci dit, je ne pense pas qu'on aura un retour à la situation d'avant la crise, avant fin 2026. Donc on aura une reprise des approvisionnements progressivement, un réajustement des prix progressivement jusqu'à la fin de l'année. Donc ça veut dire que la crise va continuer plus ou moins à impacter les compagnies aériennes africaines.
    Et quelles leçons tirez-vous de cette crise du détroit d'Ormuz ? Est-ce que les compagnies africaines n'auraient pas intérêt à constituer des stocks plus importants de carburant d’aviation ?
    Oui, cette crise révèle une vulnérabilité énergétique des compagnies aériennes puisque la majorité du kérosène utilisé est importé hors d'Afrique. Et le paradoxe est que beaucoup de pays africains produisent du pétrole. Donc pour l'avenir, nous devons penser à mettre en place des raffineries sur le continent africain pour produire du Jet-A1 et aussi négocier des prix sur le long terme avec les raffineries sur trois ou cinq ans par exemple.
    Est-ce que les raffineries africaines existantes ont quand même pu approvisionner les compagnies africaines ?
    Oui, je pense à Aliko Dangote au Nigeria qui a pu approvisionner certaines compagnies aériennes. Et pour le futur, il y a des projets de création de raffineries en Afrique de l'Est par le groupe Dangote. Et au niveau de l'Afraa, nous avons engagé des discussions avec les institutions financières pour mettre en place une plateforme continentale pour l'approvisionnement en carburant du continent face à une nouvelle crise éventuelle.
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Du lundi au samedi, Christophe Boisbouvier reçoit un acteur de l'actualité africaine, chef d'État ou rebelle, footballeur ou avocate... Le grand invité Afrique, c'est parfois polémique, mais ce n'est jamais langue de bois.
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