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  • La semaine de - Pauvre peuple congolais !
    Tout se passe comme si les Congolais n’avaient d’autre vocation que d’être constamment trahis par leurs dirigeants, et par une élite prédatrice. Ce qu’illustre parfaitement l’enquête « Congo Hold-up ». Retour sur le feuilleton Congo Hold-up. Episode après épisode, l’opinion découvre les circuits tortueux suivis par les quelque 138 millions de dollars détournés par le clan Kabila, au préjudice de la République démocratique du Congo, donc du peuple congolais. Pour quelles raisons certains Africains estiment que ce scandale, un des plus importants jamais révélés sur le continent, n’a rien de surprenant ? Sans doute parce que seul un dessein aussi inavouable peut expliquer la rage que déployait le clan Kabila pour conserver la direction du Congo, alors qu’il se montrait, par ailleurs, incapable d’apporter des solutions dignes aux besoins essentiels des Congolais. Sans vouloir verser dans des extrapolations à bon marché, on est bien obligé d’admettre que de telles révélations illustrent à satiété ce que peuvent être les motivations réelles d’une famille, d’un clan qui s’accroche frénétiquement au pouvoir, alors que le peuple qu’il prétend diriger s’enfonce chaque jour un peu plus dans les souffrances, et croupit dans le dénuement, parfois dans une misère sans nom. Comme les Kabila en RDC, c’est presque toujours en famille que les dirigeants-prédateurs s’organisent pour piller leur patrie, ruiner leur peuple. Mais, pour n’être pas surprenante, cette gloutonnerie n’en est pas moins choquante, d’autant qu’elle se situe, ici, sur une période relativement brève. Elle a manifestement démarré à la minute même où Joseph Kabila a compris qu’il ne pouvait plus s’accrocher au pouvoir. Le clan, alors, a fait ses provisions dans les caisses du trésor public, et partout où il pouvait y avoir quelques millions à subtiliser. Pour le clan, quitte à plier bagage, autant s’assurer que les bagages en question sont conséquents. C’est, d’ailleurs, exactement comme cela que se comportent les intérêts maffieux, lorsqu’ils sentent approcher la fin de leur mainmise sur un territoire. Ici, il leur fallait mettre les bouchées doubles, pour se constituer suffisamment de réserves, en vue d’une traversée du désert, le temps de reconquérir le pouvoir. Car Kabila et son clan n’en ont, à l’évidence, pas fini avec les fonds du Congo A quoi bon, pour Joseph Kabila, accumuler autant, s’il avait prévu de reprendre, un jour, le pouvoir ? Parce que ces gens ont de gros besoins. Il ne faut pas s’imaginer que les Kabila, après une vingtaine d’années à gouverner en héritiers fidèles de Mobutu, se seraient contenté, pour solde de tout compte, de 138 malheureux millions de dollars. Ce n’était certainement qu’une petite provision, en attendant de reprendre à Félix Tshisekedi la clé du coffre. C’est d’ailleurs parce qu’il a échoué à installer un de ses inconditionnels sur le trône présidentiel qu’il a fini par jeter son dévolu sur celui qu’il jugeait le moins hostile dans l’opposition : Félix Tshisekedi. A qui il était d’autant plus convaincu de reprendre la place qu’il avait pris soin de verrouiller les institutions, son parti devant garder le contrôle de l’exécutif durant un mandat, censé n’être qu’intérimaire. L’histoire a prouvé, ensuite, à quel point il s’est mépris sur la personnalité de Félix Tshisekedi. Mais c’est, là, une tout autre histoire. Le peuple Congolais l’a, finalement, échappé belle. un hold-up, par définition, s’opère dans un espace-temps limité. Mais les trésors d’ingéniosité que le clan a déployés pour siphonner autant de deniers publics en si peu de temps suppose un excellent rodage. Il paraît donc plausible que ces méthodes pouvaient durer depuis un certain temps, sinon depuis toujours. C’est ici que l’on se demande comment des gens qui ont chassé Mobutu du pouvoir en l’accablant comme ils l’ont fait, pouvaient venir, à leur tour, piller le pays d’une manière tout aussi éhontée. C’est d’autant plus décevant que Kabila père, vous en souvenez-vous, se voulait patriote, héritier de Patrice Emery Lumumba, héros continental, modèle de probité. A présent, le nom Kabila rime davantage avec Mobutu qu’avec Lumumba. Quelle décadence ! Mais vous savez bien que le clan Kabila ne reconnaît en rien ces détournements… C’est toujours ainsi que se défendent les cas désespérés, les causes perdues. Pour s’expliquer sur des accusations d’une telle gravité, vous aurez noté le niveau (hiérarchique), plutôt faible, des personnes mandatées par « le clan », pour émettre un avis téléphoné sur les médias. Pour assurer le service minimum dont ils ont été chargés, ces seconds couteaux ne se sont même pas donné la peine de nier. Ils ont juste rétorqué que les auteurs des révélations n’apportent aucune preuve à leurs accusations. On vous accuse d’avoir volé votre peuple, et vous, au lieu de convaincre de ce que vous n’avez rien volé, vous misez sur le fait d’avoir suffisamment brouillé les pistes pour que l’on ne remonte pas jusqu’à vous !?... Comme souvent lorsque les faits sont accablants au-delà du supportable, les kleptomanes s’abritent toujours derrière les précautions qu’ils estiment avoir prises, afin d’effacer toute trace du larcin. Un peu comme cet ancien Premier ministre (de Joseph Kabila), soupçonné d’avoir siphonné quelques dizaines de millions de dollars d’un projet, et dont l’avocat jubile sur les radios, simplement parce que la juridiction saisie pour connaître de ce détournement se déclare incompétente. Dans ses pires cauchemars, le peuple congolais n’aurait jamais imaginé une telle sommité, dans la gradation des trahisons dont il est l’objet, despote après despote, dirigeant après dirigeant.
    11/27/2021
    0:04
  • La semaine de - Le piège sans fin des armées africaines
    Au Soudan, une quinzaine de manifestants ont été tués, ce mercredi 17 novembre 2021, la plupart par des militaires, qui ont ouvert le feu sur les civils aux mains nues, on imagine sous les ordres de leur hiérarchie. Pourquoi donc déplorez-vous l’absence de l’Afrique aux côtés du peuple soudanais, alors que les diplomates œuvrent en coulisse ?  Un jour douze morts. L’autre quinze. Au fil des semaines, on s’habitue peu à peu aux chiffres des Soudanais tombés sous les balles de leur propre armée. Face à la violence inouïe dont font preuve les militaires depuis leur coup d’État, le 25 octobre 2021, l’on a attendu à ce que des voix africaines autorisées s’élèvent pour condamner fermement la forfaiture du général al-Burhan et ses acolytes. En vain. Il est si commode de se réfugier derrière l’alibi de la souveraineté des États. À lire : Le Soudan, coupé du monde, a vécu sa journée la plus meurtrière depuis le putsch Seule la Chilienne Michelle Bachelet, Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations unies a osé parler de honte. Antony Blinken, le Secrétaire d’ État américain s’est dit « très préoccupé », pendant que l’Afrique faisait semblant de ne rien voir, et de ne rien entendre. C’est, typiquement, le type de couardises derrière laquelle l’on s’abrite, en se croyant à l’abri, protégé. Mais, les conséquences, tôt ou tard, arrivent, qu’il faudra subir. L’Union Africaine n’a pas de troupes et, peut-être, même aucun mandat, pour s’immiscer dans ce qui relève de la politique intérieure d’un État.  Aurait-elle donc le mandat de se taire, pendant que des militaires massacrent des manifestants aux mains nues ? Les Soudanais pensaient avoir fait l’essentiel, en chassant Omar el-Bechir du pouvoir. Ils sauront compter seulement sur eux-mêmes, pour s’extirper de ce traquenard, puisqu’ils semblent prêts à mourir pour leur liberté. Car ils ne veulent plus avoir à subir la loi d’une caste de militaires, dont le seul mérite est de détenir des armes que leur a confiées la nation, pour défendre le territoire. Mais l’Afrique se déshonorerait, en les laissant seuls, face à ces militaires brutaux. C’est à se demander en quoi certaines pratiques politiques, sur le continent africain, se différencient de la raison du plus fort, qui prévaut dans les territoires que contrôlent la maffia, les cartels et tant d’autres organisations criminelles. Le moment est peut-être venu, pour l’Afrique, de s’interroger sérieusement sur la place exagérée que prennent les armées et les militaires, dans la vie de pays qu’ils peinent à défendre, alors qu’ils sont si prompts à s’ériger en justiciers, pour endormir l’opinion, avant de se muer en bourreaux des peuples. En quoi ces militaires de Khartoum seraient plus qualifiés, pour diriger le Soudan, que les enseignants – qui marquent positivement les enfants, de l’école primaire à l’université ? En quoi la propension à ouvrir le feu avant de réfléchir les qualifie davantage que les infirmiers, sages-femmes, médecins, qui soignent et sauvent des vies ?  S'agit-il du fameux « piège sans fin » dont nous parlions sur RFI il y a quelques mois ?  Ce titre, de l’écrivain Olympe Bêly-Quenum, nous rappelle en tout cas qu’il y a des questions simples, que l’Afrique ne doit pas éluder plus longtemps. Elles portent sur le devoir de solidarité les peuples africains doivent, les uns aux autres, et sur le devoir d’assistance que chaque nation africaine doit à tout peuple du continent qui serait en danger d’être asservi. L’indifférence a des conséquences d’autant plus lourdes qu’il s’instaure, aujourd’hui, une jurisprudence du mauvais comportement en politique. Laissez faire ici, vous expose à voir surgir, là, encore pire, surtout avec des capitaines, colonels et autres généraux, pour qui l’uniforme n’est qu’un camouflage, pour prospérer, à l’abri du pouvoir d’État.
    11/20/2021
    3:57
  • La semaine de - Frederik de Klerk: imparfait mais utile
    Il s'est excusé. En fallait-il davantage ? Peut-être. Mais l'Afrique du Sud en a bien fini avec la Commission Vérité et Réconciliation. Dans ce pays où, depuis le départ du pouvoir de Mandela, le leadership (en particulier de Jacob Zuma) a tant déçu, peut-être faut-il simplement savoir gré à cet homme qui, malgré ses imperfections, a été à l'origine de tout le bouleversement historique qui a permis la Nouvelle Afrique du Sud, juge Jean-Baptiste Placca cette semaine.  Avec la disparition de Frederik de Klerk, l’opinion africaine est plus que jamais divisée sur son action et la place que doit lui concéder l’Histoire. Comment comprendre que les positions soient aussi irréconciliables, entre ceux qui ne voient en lui qu’un pur produit de l’apartheid dans toute sa violence, et ceux pour qui il est, justement, celui qui a démantelé l’apartheid ? Il est toujours plus aisé, des décennies après les événements, de venir expliquer comment il aurait fallu procéder. L’environnement dans lequel est né Frederik de Klerk baignait, depuis le milieu du XVIIe siècle, dans la ségrégation raciale. C’était d’autant plus violent les Blancs vivaient dans la peur d’être envahis par les Noirs. Ils estimaient être chez eux, avec plus de droits que les Noirs, qu’ils avaient trouvés là. Ces derniers se défendaient, quand il le fallait, avec leurs moyens, et le sang a beaucoup coulé. Frederik de Klerk avait 12 ans, lorsque ce système est devenu officiellement un racisme d’État, dans lequel il grandira, prospérera, notamment en politique, au point de finir par accéder à la magistrature suprême, en 1989. Dès l’année suivante, il libère de prison Nelson Mandela, incarcéré depuis vingt-sept ans. Ensemble, ils commencent à démanteler le système d’apartheid. Cette collaboration épargnera au pays l’embrasement et la destruction que tous lui prédisaient. Ce n’est donc pas par les armes que l’on est parvenu à vaincre l’apartheid. Les rares succès remportés, en trente années de lutte, par Umkhonto we Sizwe (MK, la branche militaire de l’ANC) demeurent anecdotiques. Les sanctions économiques ont, par contre, affaibli le régime, avant qu’il ne se saborde, à l’instigation de De Klerk. Chacun peut, après-coup, venir bomber le torse, en prétendant qu’il s’y serait illustré comme résistant. Pour quelques poignées de braves et de héros, combien de poltrons, de complices, peut-être même de « collabos », comme il y en a tant, avec certains régimes peu recommandables, qui sévissent aujourd’hui en Afrique ! Cela dispense-t-il de questionner les zones d’ombre de la vie de De Klerk ? Peut-être pas. Mais, il faut savoir distinguer, dans une longue carrière politique, les actes positifs des faiblesses, le meilleur du moins bon, sans totalement absoudre. Pour ce qui est de la perfection, l’Histoire se chargera de déterminer qui s’en est le plus rapproché. Mais l’apartheid, c’est aussi lorsque des Africains, noirs, écrasent d’autres Noirs, les assignent à un ghetto matériel ou psychologique, parfois avec une férocité qui n’a rien à envier à ce que les tenants de l’apartheid faisaient subir aux Noirs et autres non-Blancs d’Afrique du Sud (et de Namibie). Voilà pourquoi il faut prendre garde à ne pas dénier à Frederik de Klerk le courage d’avoir mis fin, envers et contre les siens, à un système qui l’a vu naître. N’est-ce pas un peu excessif d’assimiler, ainsi, certaines pratiques politiques, en Afrique, à l’apartheid ? L’apartheid privait une majorité de citoyens de leurs droits fondamentaux. Les conséquences sont-elles si différentes, lorsqu’une minorité confisque le pouvoir d’État, monopolise les avantages et les privilèges qui vont avec, marginalise une partie de la population, et exclut de l’essentiel tous ceux qui refuseraient de se soumettre, ne seraient pas du bon parti ou de la bonne région ? C’est une forme insidieuse d’apartheid, que de condamner à une paupérisation sans issue l’immense foule des récalcitrants, en faisant couler, au besoin, le sang, comme au temps glorieux de l’apartheid en Afrique du Sud. Voilà pourquoi on peut être quelque peu circonspect, lorsque ceux qui acceptent ou participent à ces formes insidieuses d’apartheid viennent sommer l’opinion de pendre le cadavre de Frederik de Klerk.
    11/13/2021
    4:22
  • La semaine de - Otages des militaires
    Près de deux semaines après le coup d’Etat militaire du général al-Burhan au Soudan, Mo Ibrahim, mécène de la démocratie et de la bonne gouvernance en Afrique, Soudanais lui-même, a suggéré, ce 4 novembre sur RFI, quelques pistes pour obliger les putschistes à rétablir le pouvoir civil. Que penser de ces suggestions ? Pour faire échec à la restauration en cours du pouvoir militaire au Soudan, il faudrait, vraiment, que les forces d’inertie internes à la communauté internationale consentent à se soucier davantage du peuple soudanais que de leurs agendas propres. On se demande comment certaines capitales peuvent justifier à ce point le putsch du général al-Burhan. Face aux timides condamnations de principe esquissées par la communauté internationale, la détermination des Soudanais est belle à voir. C’est au moins la preuve que les peuples africains ne se contenteront pas indéfiniment de subir les prédateurs, après les dictateurs, en attendant les imposteurs. Nous contemplons un peuple debout, prêt à mourir – et ce ne sont pas que des mots – pour la liberté, pour l’état de droit, la démocratie et, surtout, pour la fin de la confiscation de son destin par des officiers cupides.  Le Soudan est indépendant depuis 1956. Soixante cinq ans, durant lesquels le pays a été, de fait, dirigé par des militaires pendant soixante et un ans. Si c’est une faillite, alors, elle incombe totalement aux militaires. C’est même une telle faillite que la partie Sud du pays, d’où venaient essentiellement les Soudanais noirs, a fini par faire sécession, pour le pire. Ironie du sort, le nom Soudan, comme on nous l’enseignait naguère, signifie littéralement : « Pays des Noirs » !  Qui ne comprendrait que les Soudanais soient prêts à mourir pour en finir avec un leadership si défaillant ! Mo Ibrahim n’a pas tort, lorsqu’il affirme que ces gens-là ne s’intéressent qu’à l’argent. Si les maîtres du monde croient vraiment aux valeurs pour lesquelles les Soudanais meurent, alors, ils devraient cibler les putschistes dans ce qu’ils chérissent le plus : leur argent. Il a justement précisé qu’ils placent leur argent dans le Golfe, en Turquie, en Malaisie… Si, comme le dit Mo Ibrahim, ils aiment plus encore leur prospérité et leur sécurité personnelles que le pouvoir, alors tracer ces flux financiers et geler leurs avoirs, puis leur mettre la justice internationale aux trousses devrait suffire à stimuler leur zèle à rétablir le pouvoir civil. Quant aux puissances et autres sous-puissances qui prennent parti pour le général putschiste, aujourd’hui, si elles tiennent réellement à leurs intérêts au Soudan, elles ne pourront que se raviser, lorsqu’elles verront s’inverser les rapports de forces. Quelle importance revêt l’échec du putsch au Soudan pour les autres peuples africains ? Les Soudanais ont lutté, vaillamment, et sont morts en nombre, pour chasser le général Omar Hassan el-Béchir du pouvoir, après trente ans de dictature. Lorsqu’ils ont compris que la cause était perdue, les haut-gradés de l’armée se sont invités dans la révolte, épousant les indignations du peuple, juste à temps pour ne pas couler avec Béchir, qu’ils ont destitué, par la force de leur outil de travail, au point d’en tirer le droit de revendiquer une place dans le cockpit, et même le poste de pilotage pour la première étape de la transition. En deux ans et demi, al-Burhan a gagné en assurance, suffisamment pour chasser le Premier ministre, l’emprisonner, et demeurer seul maître à bord. Si les Soudanais parvenaient à l’éjecter, alors, demain, ailleurs en Afrique, les populations sauront ne plus se laisser supplanter par d’autres de leurs concitoyens, fussent-ils en armes.
    11/6/2021
    4:12
  • La semaine de - L’impunité pour les crimes contre des journalistes demeure
    Dans le traitement qu’il fait de l’actualité, le journaliste, en Afrique comme ailleurs, a vocation à rechercher ce qui contribue à faire avancer la société, et même, à l’occasion, à faire œuvre de salubrité publique. Dans trois jours exactement, mardi 2 novembre, on commémorera la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes contre des journalistes. Journée instituée en 2013 par les Nations unies, en hommage à nos confrères Ghislaine Dupont et Claude Verlon, enlevés puis assassinés le 2 novembre 2013 à Kidal, au Mali. Sauf que, huit ans après, l’impunité demeure. Elle demeure, en effet et, pourquoi le nier, nous l’avons en travers de la gorge. Cette résolution, vous en souvenez-vous, exhortait les Etats à prendre des mesures précises pour combattre la culture d’impunité. Bien sûr, l’instruction suit son cours. Mais, huit ans après, nous attendons toujours que la justice passe, pour marquer la fin de cette double impunité. Tuer des journalistes, en Afrique – on ne le dit pas assez – est aussi un crime contre les peuples africains. Car, l’information, la bonne information au service de laquelle étaient Ghislaine Dupont et Claude Verlon, est essentielle, pour sortir ce continent du sous-développement. Hervé Bourges, un de nos maîtres à l’école de journalisme, aimait à répéter que le journaliste africain devait être un agent de développement. Ghislaine Dupont et Claude Verlon n’étaient, certes, pas Africains. Mais, les informations qu’ils recherchaient portaient sur l’Afrique et se destinaient essentiellement aux Africains. Plus tard, dans la vie, nous avons eu à approfondir ensemble avec Hervé Bourges `la portée qu’il donnait au terme « développement ». Au-delà du bien-être économique des populations, le développement, dans son esprit, incluait aussi la soif de connaissance des peuples, leur besoin d’instruction, d’éducation, de liberté, de justice, bref d’état de droit, de démocratie, de bonne gouvernance, comme on dirait aujourd’hui. Comment le journaliste, dont la mission est d’informer, se mue-t-il en agent de développement ? Informer, ici, ne peut se réduire à rapporter les faits à l’état brut : l’actualité politique, sportive, les faits divers, les petits potins, « gossips » et autres commérages… Ce journalisme-là peut aussi bien être dévolu au petit télégraphiste. Dans le traitement qu’il fait de l’actualité, le journaliste doit aussi rechercher ce qui contribue à faire avancer la société. Parfois, c’est simplement par l’angle de traitement qu’il choisit qu’il sert le développement. Une enquête plus poussée, et le traitement de l’actualité, dans la presse, à la radio ou à la télévision, devient utile. Même dans les pays dits développés, le journaliste a, implicitement, une vocation du même type. Sans vouloir faire de la publicité à quelque titre que ce soit, imaginez combien de fois, depuis plus d’un siècle, Le Canard Enchaîné, par ses seules enquêtes, a fait œuvre de salubrité publique, en France ! Les évolutions induites par ses enquêtes en font un précieux agent de développement de l’état de droit et de la démocratie. Nous ne parlons, ici, que de journalisme. Pas des réseaux sociaux et autres plateformes sur lesquelles les approximations et la désinformation ont table ouverte. Il reste encore de la place, beaucoup de place pour le journalisme, qui offre une information fiable à ceux qui voudraient évoluer dans la vie avec un minimum de solidité... … Il n’empêche que les journalistes sont souvent tués parce qu’ils gênent les hommes de pouvoir. Oui. Surtout ceux qui trichent avec leurs engagements constitutionnels vis-à-vis de leurs peuples. Mais les journalistes ne sont pas là pour servir la volonté d’un pouvoir, ou accompagner les caprices d’un potentat. Sauf à n’être que des griots serviles. Les journalistes ne devraient pas davantage être là pour agresser inutilement les dirigeants, démolir tout ce qui se construit ou se fondre dans la peau d’une opposition vindicative. Car alors, ils ne seraient que des détracteurs stériles, peu crédibles.
    10/30/2021
    4:13

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